Les proverbes expliqués et commentés

Sommaire :

Le dictionnaire des proverbes français

Cette rubrique vous propose quelques proverbes français expliqués et commentés d'auteurs célèbres et connus comme Jean de la Fontaine, Voltaire, Michel de Montaigne, ou d'anciens dictionnaires. Tous les proverbes mentionnent leur source ainsi que l'oeuvre et sa date de publication. Si vous souhaitez connaître la définition d'un proverbe non listé dans cette rubrique, utilisez notre formulaire de contact pour toute demande.

Les proverbes français expliqués :

Le passé assure l'avenir.
Origine : Recueil de proverbes français publié en 1818.
Explication : Un homme dont le passé a toujours été honorable et couronné de succès offre pour l'avenir des garanties sur lesquelles on peut compter.

L'avarice a toujours trop, et n'a jamais assez.
Origine : Recueil de proverbes français publié en 1818.
Explication : L'avarice a trop parce qu'elle ne veut pas faire usage de ce qu'elle a ; elle n'a jamais assez, parce qu'elle désire toujours accroître son trésor.

Un bon renard ne mange point les poules de son voisin.
Origine : Dictionnaire de l'Académie française publié en 1835.
Explication : Autrement dit, un homme rusé comme un renard, qui souhaite effectuer une action blâmable, commettra ce geste dans un quartier éloigné plutôt que dans son voisinage, afin de n'être point soupçonné.

Il n'est voisin qui ne voisine.
Origine : Dictionnaire de l'Académie française publié en 1835.
Explication : Trop de curiosité dégénère bien souvent en abus ! Un voisin, curieux ou envieux, trouvera le moindre prétexte pour vous aborder, afin de s'introduire sur votre propriété, pour vous épier de plus près.

Il a une oreille d'âne.
Origine : Dictionnaire de la langue française publié en 1813.
Explication : Ce proverbe était utilisé dans le sens qu'un serviteur entendait tout, mais ne se mêlait jamais à la discussion. Autre proverbe connu : L'âne, qui entend tout, baisse ses oreilles et continue son pas.

Le jour n'est pas fait pour les aveugles.
Origine : Recueil de proverbes français publié en 1818.
Explication : Le jour n'est fait que pour les gens qui voient, comme les bonnes raisons ne sont faites que pour ceux qui peuvent les comprendre.

De jeune avocat, héritage perdu.
Origine : Recueil de proverbes français publié en 1818.
Explication : On suppose, et souvent à juste titre, qu'un jeune avocat n'a pas encore l'expérience nécessaire pour tirer tout le parti possible des affaires importantes qu'on lui confie.

De bons avocats, mauvais voisins.
Origine : Recueil de proverbes français publié en 1818.
Explication : On suppose ici que l'habitude de plaider rend les avocats très pointilleux sur les moindres affaires, et par conséquent toujours prêts à tracasser leurs voisins.

Qui a beaucoup, perd beaucoup.
Origine : Recueil de proverbes français publié en 1818.
Explication : Plus une fortune est grande, plus un homme occupe une position élevée dans la société, et plus il a d'envieux et d'ennemis jurés qui ne lui souhaitent que du mal.

Trois beaucoup et trois peu détruisent l'homme.
Origine : Recueil de proverbes français publié en 1818.
Explication : Parler beaucoup, et savoir peu ; dépenser beaucoup, et gagner peu ; demander beaucoup, et ne mériter que peu.

Arrogance et vanité, font escorte à la beauté.
Origine : Recueil de proverbes français publié en 1818.
Explication : Les gens trop imbus de leur physique sont souvent orgueilleux, vaniteux et arrogants. À tous ces pédants, répondez-leur par ce magnifique proverbe kurde : Le plus beau luxe est la simplicité.

Sauter de bécarre en bémol.
Origine : Recueil de proverbes français publié en 1818.
Explication : Passer sans transition d'un sujet à un autre, d'une idée à une autre idée, dans la conversation, sans suivre d'autre règle que sa fantaisie. Locution empruntée à la langue musicale qui revient à cet autre proverbe : Passer du coq à l'âne.

À bon demandeur, bon refuseur.
Origine : Proverbe du manuscrit du XIIIe S., sans titre, Paris, Sainte-Geneviève.
Explication : Celui qui demande indiscrètement mérite d'être refusé sans ménagement. Mais une demande effectuée poliment ne doit être repoussée qu'avec honnêteté.

Quand on parle du loup, on en voit la queue.
Origine : Proverbe de Jean-Charles-François Tuet, Matinées Sénonaises (1789).
Explication : Se dit d'une personne dont on parle en mal (médisance) et qui apparaît soudainement. Il existe deux autres variantes pour s'exprimer dans un sens d'éloge : Quand on parle du soleil on en voit les rayons. et ce proverbe Quand on parle de la rose on en voit le bouton.

À la presse vont les fous.
Origine : Proverbe de Jean Le Bon (1319-1364), Adages françois (1557).
Explication : Le monde attire le monde, et l'on court follement où l'on voit courir les autres. La foule attire les curieux qui suivent les autres sottement et par simple curiosité que l'on suit.

À se cogner la tête contre les murs, il ne vient que des bosses.
Origine : Proverbe de Georges Musset (1844-1928), Proverbes de Saintonge (1897).
Explication : Quand le désespoir est là, bien présent, rien ne sert de s'infliger des sanctions ! La vie nous réserve bon nombre de déceptions, mais mieux vaut trouver quelques solutions qu'un supplice corporel.

Assez octroie qui se tait.
Origine : Proverbe vulgalia et latina, Manuscrit du XIIIe s., Paris, Bibl. nat.
Explication : Qui ne dit mot consent ! Octroie étant utilisé dans le sens accorder, approuver et être en accord. Une personne qui se tait à vos dires est en accord aux propos que vous avancez.

Au coucher se gagne le douaire.
Origine : Proverbe d'Antoine Loisel (1536-1617), Institutes coutumières (1607).
Explication : Le douaire était un droit d'usufruit sur ses biens qu'un mari assignait à sa femme par son mariage. Le douaire n'était point acquis à la femme avant que le mariage ne soit consommé.

Il est bien difficile, en géographie comme en morale, de connaître le monde sans sortir de chez soi.
Origine : Proverbe de Voltaire (1694-1778), Dictionnaire phisolosique (1764).
Explication : Un proverbe de Voltaire que j'aime beaucoup ! Ce n'est pas en restant chez soi, calfeutré derrière ses rideaux, que l'on s'ouvre au monde, à la connaissance des autres et au savoir.

Il faut avoir deux cordes à son arc.
Origine : Proverbe de Charles de Bovelles (1479-1566), Proverbes et Dits sententieux (1557).
Explication : Il vaut mieux être prévoyant, et avoir deux, ou voir plusieurs solutions au cas où. La prévoyance nous permet bien souvent d'éviter le pire ou du moins de s'en sortir.

Il ne pleut que sur la vendange.
Origine : Proverbe de Janus Gruter (1560-1627), Florilegium (1610).
Explication : On utilise ce proverbe pour expliquer que la richesse ne va qu'au riche. Autre proverbe que l'on peut également citer : Les écus (l'argent) s'aiment et s'attirent.

Il n'est réplique si piquante que le mépris silencieux.
Origine : Proverbe de Montaigne (1533-1592), Essais (1580).
Explication : Rien ne sert de répondre à une agression verbale. La meilleure des réponses est l'indifférence totale, et d'ignorer la personne en question ainsi que ses propos à votre encontre.

Il souvient toujours à Robin de ses flûtes.
Origine : Proverbe de Bonaventure des Périers (1498-1544), Nouvelles récréations (1558).
Explication : Que de souvenirs durant sa jeunesse passée ! Ce proverbe signifie que les souvenirs de jeunesse et les meilleurs moments de celle-ci sont ineffaçables et inoubliables.

La volonté est réputée pour le fait.
Origine : Proverbe d'Antoine Loisel (1536-1617), Institutes coutumières (1607).
Explication : Avoir de bonnes intentions ou être de bonne volonté, c'est bien ! Mais c'est encore mieux quand vous mettez les mains à la pâte ! Autrement dit, quand vous participez de bonne volonté !

Le monde est une sphère dont le centre est partout, la circonférence nulle part.
Origine : Proverbe de Blaise Pascal (1623-1662), Pensées, ii, 72 (1670).
Explication : Ce proverbe de Pascal définit l'infini. Quel que soit l'endroit où vous soyez, vous êtes au centre du monde et l'horizon lointaine est considérée comme l'infini.

Le plus lent à promettre est toujours le plus fidèle à tenir.
Origine : Proverbe de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), Émile, ou De l'éducation (1762).
Explication : Avant de faire une promesse, il faut bien réfléchir, être sûr de soi et tenir ainsi ses engagements. Une parole donnée ou une promesse effectuée, doivent toujours être honorées.

Les perles ne se dissolvent pas dans la boue.
Origine : Proverbe de Victor Hugo (1802-1885), les misérables (1862).
Explication : La perle est citée pour sa pureté, et la boue pour son impureté. Une personne dont le comportement est irréprochable ne peut être influencée par des gens malsains.

Le vin ne connaît pas les convenances.
Origine : Proverbe de Philibert-Joseph Le Roux, Dictionnaire proverbial (1718).
Explication : D'où la pub Tu t'es vu quand t'es bourré ? Un homme ou une femme ivre, bien souvent, prononcent dans leurs états d'ébriété des propos inconvenants et complètement déplacés.

On est aisément dupé par ce qu'on aime.
Origine : Proverbe de Molière (1622-1673), le Tartuffe (1669).
Explication : Citons aussi ce proverbe de Platon L'amour rend aveugle. Quand on aime, on accorde une confiance absolue sans méfiance, mais cette confiance donnée peut se retourner contre nous.

On est gai le matin, on est pendu le soir.
Origine : Proverbe de Voltaire (1694-1778), la Comtesse de Givry (1767).
Explication : Ce proverbe de Voltaire signifie rire et pleurer. On peut être joyeux et gai au réveil, mais au cours de la journée suivant les événements, être triste le soir et voir même pleurer.

On presse l'orange, et on jette l'écorce.
Origine : Proverbe de Voltaire (1694-1778), Lettre à Mme Denis, 3 septembre 1751.
Explication : On utilise ce proverbe quand une personne, ou une société, a tiré tout profit de votre savoir et de vos connaissances, puis se débarrasse de vous après vous avoir pressé comme un citron (ou orange).

Petit à petit l'oiseau fait son nid.
Origine : Proverbe de Philibert-Joseph Le Roux, Dictionnaire proverbial (1718).
Explication : Petit à petit est utilisé dans le sens peu à peu, pas après pas. Autrement dit, avec de la patience et de la persévérance, on arrive toujours à son but, à ses fins ou à l'objectif fixé.

Quand il pleut sur le curé, il dégoutte sur le vicaire.
Origine : Proverbe d'Henri Joseph Leblanc (1825-1902) Morale et Sagesse pratique en proverbes (1893).
Explication : Quoi qu'il m'arrive, vous en aurez votre part ! Que ce soit le bien ou le mal qui arrive aux supérieurs, bientôt il retombera plus ou moins sur leurs subordonnés.

Quelque fin que tu sois, tiens-toi pour affiné.
Origine : Proverbe de Pierre Corneille (1606-1684), La place royale (1635).
Explication : Le mot affiné, qui est vieilli, signifie que, lorsqu'on a recours surtout à la ruse et à la finesse pour tromper autrui, on est soi-même affiné, c'est-à-dire dupé.

Qui peut et n'empêche, pèche.
Origine : Proverbe d'Antoine Loisel (1536-1617), Institutes coutumières (1607).
Explication : Dans la vie de tous les jours, il faut assumer ses responsabilités. Quand on sait faire quelque chose, on ne demande pas à quelqu'un d'autre, qui ne sait pas, de le faire à sa place.

Qui plus à plus convoite.
Origine : Proverbe du manuscrit du XIIIe S., sans titre, Paris, Sainte-Geneviève.
Explication : L'insatiabilité est un état où l'on ne se contente jamais de ce que l'on a. On en demande toujours davantage, sans être rassasié ni satisfait, dans un but unique d'en obtenir plus.

Qui tire à garant et garant n'a, sa cause est perdue.
Origine : Proverbe d'Antoine Loisel (1536-1617), Institutes coutumières (1607).
Explication : Quand vous empruntez de l'argent ou autre, il ne faut jamais compter légèrement sur la protection ou la garantie de la personne se portant caution pour vous.

Rien ne sert de courir, il faut partir à point.
Origine : Proverbe de Jean de La Fontaine (1621-1695), Le Lièvre et la Tortue (1668).
Explication : Ne précipitez pas les choses ou votre travail. Prenez votre temps, autant que nécessaire qu'il soit, afin de réaliser correctement votre travail ou une tache sans la sous-estimer au préalable.

Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait.
Origine : Proverbe d'Henri II Estienne (1528-1598), Les Prémices (1594).
Explication : Quand on est jeune, on manque bien entendu d'expérience et de vécu ; et dans nos vieux jours, on possède l'expérience mais plus la vigueur de sa jeunesse.

Tel refuse qui après muse.
Origine : Proverbe de Marguerite de Navarre (1492-1549), Heptaméron, Appendice (1559).
Explication : Refuser inconsidérément, c'est perdre une occasion qui ne se représentera plus. Ensuite, on musera, c'est-à-dire que l'on perdra du temps à essayer de ressaisir l'occasion manquée.

Tous ceux qui portent cornes n'ont pas le bonnet hors de la tête.
Origine : Proverbe de Marguerite de Navarre (1492-1549), Heptaméron (1559).
Explication : L'homme trompé par sa femme n'est pas toujours fâché, à l'encontre de son épouse, pour une raison ou pour une autre qui justifie un tel acte, mais que lui seul sait !

Un sonnet sans défaut vaut seul un long poème.
Origine : Proverbe de Nicolas Boileau (1636-1711), L'art poétique (1674).
Explication : La quantité est bien souvent au détriment de la qualité. Mieux vaut s'employer à effectuer un travail soigné et l'exécuter correctement, qu'une masse de travail importante qui serait bâclée.

Vilain oiseau celui qui salit son nid.
Origine : Proverbe de Conon de Béthune (1150-1220), Chansons, XIIe S.
Explication : Il n'est jamais bon de maudire sa famille, ses proches ou son pays. Cette définition est utilisée pour décrire un homme qui médit ses racines, ou qui renie ses origines et sa famille.

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