Edmé François Pierre Chauvot de Beauchêne (2)
Les citations de Chauvot de Beauchêne :
L'homme de génie est souvent le premier et le dernier de sa dynastie.
Les pensées, comme les diamants, coûtent souvent moins de peine à trouver qu'à polir.
L'amour d'une mère pour ses enfants, est le plus énergique de tous les sentiments ; il élève la femme au-dessus d'elle-même, la rend capable d'une sorte de dénouement, de courage et de sacrifice, auxquels l'homme et tout son orgueil n'atteindront jamais.
La mémoire est un vaste champ, ce qu'on y met altère souvent ce qui s'y trouve.
Voulez-vous avoir des succès dans le monde, faites que les autres, en vous accordant de l'esprit, s'en trouvent encore davantage.
La louange est rarement de la monnaie au titre.
La flatterie est toujours de la fausse monnaie.
L'homme, pour faire des choses extraordinaires, a besoin qu'on le regarde.
La vie, pour un malheureux, n'est qu'un moment à passer, plus ou moins long.
L'habitude de contredire est une maladie de l'esprit qui attaque quelquefois le cœur.
L'amour que l'on éprouve pour ses enfants est le plus puissant de tous les sentiments, parce qu'il nous montre quelque chose au-delà même du tombeau.
L'ennui qui précède le plaisir est moins fâcheux que celui qui le suit.
Le respect accompagne toujours le véritable amour, et le rend d'autant plus réservé qu'il est plus ardent.
Les premiers sacrifices que les femmes font en amour, sont le gage de ceux qui doivent le suivre.
Il y a mille manières différentes d'avoir un caractère, mais il n'y en a qu'une d'avoir du caractère.
La jalousie décèle toujours un côté inférieur, quelle que soit la supériorité que l'on puisse avoir.
L'éducation est à l'homme ce que la lumière est aux plantes ; elles les colore, mais elle ne change rien à leur tissu.
Le plaisir est pour les femmes ce que le soleil est pour les fleurs, il les colore et les embellit, mais trop ardent, il les dessèche et les consume.
Une femme qui se fait aimer d'un fat, l'empêche de s'aimer lui-même ; la préférence n'est pas flatteuse.
Pour qu'un homme soit heureux en amour, il lui suffit d'aimer, il n'est pas toujours nécessaire qu'il soit aimé ; mais, au contraire, une femme, en aimant, ne peut être heureuse que quand on l'aime.
Une femme dont on croit être aimé, et qui nous trompe, ne nous fait aucun mal ; une femme qui nous détrompe quand nous croyons qu'elle nous aime, nous en fait beaucoup.
On a dit : « On pardonne tout quand on aime », on aurait dû ajouter : plus on a pardonné, et plus on aime.
Le caprice tient à un travers de l'esprit, il en dévoile la faiblesse.
Les femmes ont peut-être plus de penchant à la fidélité qu'à la constance ; car il est rare qu'elles ne soient pas sensibles à de nouveaux hommages : elles ressemblent presque toutes à la maîtresse d'Asclépiade, qui disait : « Aimez-moi, mais ne vous affligez pas qu'un autre me possède ».
La galanterie et l'amour sont à peu près incompatibles ; trop de galanterie refroidit l'amour, et l'amour rend la galanterie gauche.
La coquetterie est utile à la femme, elle abaisse l'orgueil de l'homme, et le maîtrise en excitant en lui des désirs qu'elle encourage toujours, mais qu'elle ne satisfait jamais.
Les premiers mouvements des femmes sont presque toujours meilleurs que ceux des hommes, parce que le naturel des femmes vaut mieux que celui des hommes.
L'instinct sert souvent les femmes mieux que leur raison, peut-être est-il chez elles la raison perfectionnée !
L'esprit s'éclaire aisément quand les passions cessent de tourmenter le cœur et d'égarer la raison ; mais cette lumière tardive ne luit que le soir de notre vie : heureux encore quand c'est elle qui nous guide pour entrer dans l'éternité.
La musique agit sur nous de deux manières différentes, et qui cependant arrivent au même but. L'harmonie excite puissamment l'oreille, et la mélodie est un langage séduisant qui pénètre bien avant dans l'âme.
Il est un sentiment qui réunit au charme de l'amitié tout ce que l'amour a de plus pur et de plus tendre : il existe entre personnes d'un sexe différent, il n'est ni de l'amour ni de l'amitié, mais il vaut mieux que tous les deux.
La jalousie qui survit à l'amour n'appartient qu'à la vanité.
La jalousie est inséparable de l'amour ; l'homme qui n'est point jaloux n'aime que faiblement, ou n'aimera pas longtemps.
La jalousie reçoit toujours l'empreinte du caractère, parce qu'elle est au tempérament ce que l'amour est à l'âme.
La jalousie est un sentiment douloureux qui tourmente le cœur, et qui finirait par le guérir de l'amour, si le délire pouvait guérir de la fièvre.
On est toujours disposé à trouver comme la plus belle la femme qu'on aime davantage, par la raison que la beauté est faite pour être sentie et non jugée.
Tant qu'on aime une femme, on lui parle beaucoup d'elle ; quand on ne l'aime plus, on lui parle beaucoup de soi.
La femme que l'on aime le plus est souvent celle à laquelle on le dit le moins.
Les soumissions font quelquefois naître l'amour, mais ne le ressuscitent jamais.
Il ne faut pas plus d'habileté pour régner par la terreur qu'il ne faut d'adresse pour délier le nœud gordien par le tranchant du sabre.
L'épitaphe est la dernière des vanités de l'homme, elle est une marque bien plus certaine de l'orgueil des vivants que des vertus des morts.
Un vieillard flétri par l'orage des passions qui ont tourmenté sa vie, abattu par le temps, n'offre plus à la fin de sa carrière que les débris d'un grand naufrage : ses défauts ou ses vices paraissent avec toute leur difformité, parce qu'ils n'ont plus d'excuse ; mais celui qui toujours pratiqua le bien, parvient aux limites de la vie environné de l'éclat de ses vertus, et présente moins l'image de la mort que l'aurore de l'éternité.
Les vieillards sont comme ces monuments que le temps a ravagés, et qui conservent quelque empreinte de leur noble origine.
On critique souvent très amèrement les vieillards, parce qu'ils ont conservé quelques-unes des habitudes de la jeunesse ; hélas ! pourquoi ne veut-on pas voir en eux des hommes qui se noient et qui s'accrochent aux branches.
Les cheveux blancs d'un vieillard sans reproche sont une couronne dont le temps a orné sa tête.
À cinquante ans on commence à se lasser du monde ; à soixante le monde se lasse de vous : il faut donc, quand on est arrivé à ce terme, savoir se suffire à soi-même.
L'âme est véritablement grande quand elle sait se posséder, et qu'elle est peu troublée par les orages de la vie ; elle ressemble à la mer, dont la surface est agitée pendant la tempête, tandis que le fond reste tranquille.
Connaître son tempérament, c'est avoir trouvé le meilleur médecin.
La vie la plus conforme à la vertu est à la longue la plus agréable de toutes.
Tout le monde sait que les apparences sont souvent trompeuses, et cependant on se déclare plus facilement pour celles qui sont mauvaises que pour celles qui sont bonnes.
La vérité est comme un diamant ; s'il n'est pas placé dans le jour qui lui est favorable, les fausses pierres qui l'environnent jetteront plus d'éclat que lui.
Le peu d'appareil dont la loi accompagne la cérémonie du mariage civil, pourrait lui donner l'air d'une prostitution légale, si l'on n'y ajoutait la majesté des cérémonies religieuses.
Quand les devoirs sont présentés comme des moyens d'être heureux, on se détermine plus facilement à les remplir ; l'idée du bonheur est comme une essence dont le parfum corrige l'amertume des simples sans altérer leur propriété : c'est le miel mis sur les bords du vase qui contient la médecine.
Le temps est un grand bien, mais de courte durée ; le passé n'est plus rien pour nous ; le présent est un éclair qui fuit avec la rapidité de la pensée, à laquelle même il échappe ; l'avenir nous reste, mais il tient rarement ce qu'il promet !
Les hommes s'agitent et se tourmentent sans cesse les uns les autres dans le chemin de la vie, où ils sont jetés, pour arriver au même but ; ils feraient mieux de s'aider mutuellement que de se nuire pendant le voyage.
La vie la plus douce est remplie d'amertumes, l'immortalité seule peut nous en consoler.
Les philosophes chrétiens qui ont dit que cette vie n'était qu'un temps d'épreuves, qu'un passage pour arriver à une meilleure vie, ont consacré la vérité la plus consolante et rendu le plus bel hommage aux attributs de la Divinité.
La dévotion est le sentiment le plus pur et le plus vif que l'âme puisse éprouver ; elle est aussi la source la plus féconde du bonheur, parce qu'elle nous rend presque toujours contents de nous-mêmes et rarement mécontents des autres.
Écrire sur les mœurs, sans avoir vécu dans la société et sans l'avoir bien étudiée, c'est rendre compte d'une pièce de théâtre sans l'avoir vu.
La philosophie, au lieu de nous éclairer, nous environne presque toujours d'une foule de systèmes ; c'est un guide qui nous laisse le choix entre mille routes inconnues, au milieu desquelles la raison est incertaine. La religion, au contraire, n'indique qu'un seul chemin, mais elle en répond ; elle nous offre une philosophie à la portée de tous les hommes, et une science supérieure à toutes les conceptions de l'esprit humain.