Pierre-Claude-Victor Boiste
Biographie :
Ancien avocat, poète et lexicographe français né à Paris en 1765, Pierre-Claude-Victor Boiste est mort à Ivry-sur-Seine le 24 avril 1824. Boiste est surtout connu pour son Dictionnaire de la langue française, qu'il publia en 1800 avec Bastien, son beau-père, et réédité à quinze reprises. Il est aussi l'auteur des œuvres suivantes : Le traité complet de versification française (1803), Le dictionnaire de géographie universelle (1806), et Le dictionnaire de belles-lettres (1821).Les 87 citations de Pierre-Claude-Victor Boiste :
Le véritable esprit n'est que du bon sens raffiné.
L'esprit détaille ; le génie généralise.
L'esprit et le cœur se contredisent sans cesse.
Une femme philosophiste ou bigote méprise les petits détails, et son ménage se perd en détail.
La satire aigrit plus qu'elle ne corrige.
La vénération est un tribut que les méchants même paient à la vertu.
Notre imagination est toujours plus riche ou plus pauvre que notre bourse.
Le matérialisme dessèche le cœur, et flétrit l'imagination.
Il faut un peu de peines dans l'assaisonnement de la vie.
On est doublement malheureux quand on l'est par sa propre faute.
Les personnes hargneuses sont comme des buissons épineux.
Faites dans votre petite sphère tout ce que vous pourrez de bien.
La clémence est la clef des cœurs.
La vérité ne doit se publier que lorsqu'elle ne peut nuire.
La retraite est le port du sage.
Faute de trouver des vérités on débite des paradoxes.
L'habitude est pour l'homme ce que l'écaillé est pour la tortue.
La clémence n'a jamais terni aucune gloire.
L'égoïste ne peut échapper à loi du talion.
La plénitude de la vanité rend très comiques ceux qu'elle gonfle.
L'estime est le lustre de la vertu.
Celui qui se rend insupportable aux autres le devient bientôt à lui-même.
L'intrigant est comme l'araignée qui entoure sa proie de fils imperceptibles.
La faction la plus redoutable est celle des impatients.
La liberté illimitée n'est que licence.
Ceux qui s'idolâtrent sont rarement idolâtrés.
L'espérance vit d'hypothèses.
Le temps ronge l'acier et met le marbre en poudre.
Tâchez d'être toujours tel que vous devez être.
Le malheur obscurcit le plus bel horizon.
Les gens trop polis sont incommodants.
Le ton impérieux masque la faiblesse.
Il est plus glorieux de se vaincre soi-même que de vaincre les autres.
La noblesse est un sol qui retourne promptement en friche, s'il n'est constamment cultivé par le mérite et la vertu.
Le cœur de l'ambitieux est une fournaise ardente.
La liberté n'aime pas la foule.
Nulles personnes n'engagent leur foi avec plus d'ostentation que celles qui la violent davantage.
Après une violente tempête le moindre flot qui s'élève inspire de l'effroi.
Un homme fin ne peut être un grand homme, ni même un honnête homme.
Le fanatisme est fils de l'ignorance.
Les femmes ne doivent rien voir qu'à travers le voile de la modestie.
La pitié est la source la plus féconde de toutes les vertus sociales.
Celui qui nie Dieu parce qu'il ne peut l'expliquer, peut-il s'expliquer lui-même ?
Examinez-vous vous-même avant d'examiner les autres.
Une étoffe mince montre bientôt la corde.
Les pays sans hiver n'ont pas de printemps.
L'oreiller du criminel est plein d'épines.
L'épicurien trouve détestable tout ce qui n'est pas excellent.
On ne peut écraser que ce qui rampe.
La finesse est voisine de la duplicité.
On peut juger du peu de cas que Dieu fait des richesses par la manière dont il les distribue.
Les talents et la vertu seuls distinguent les hommes aux yeux de la philosophie.
Souvent le dissipateur se voit réduit à chercher dans la rue l'argent qu'il a jeté par la fenêtre.
Les disputes de mots deviennent aisément des disputes de choses.
Il est toujours dangereux de mettre son bonheur à la disposition d'un autre.
Celui qui peut offrir aux hommes une masse d'espérances suffisante dispose d'eux à sa volonté.
Il est très facile de tromper l'homme, et très difficile de le détromper.
Les méchants détestent l'homme qui médite.
Le mal est toujours à côté du bien et le bien à côté du mal.
Ne faites rien dont le désaveu de votre cœur puisse faire naître un remords.
La vraie gloire ne peut être dérobée par la satire.
On ne surmonte jamais de dangers sans en courir.
L'ambition est le complément de toutes les passions.
L'affabilité grimacière n'est qu'une gaze sur un cœur faux.
En toutes choses, ne vous arrêtez pas au profil, examinez la face.
Il serait dangereux de vouloir suppléer à toutes les vertus par ce qui ne dépend pas de l'homme, sa croyance, son opinion.
Tout ce qui entoure le sot est sottise.
On nomme toujours l'amour comme s'il n'y en avait qu'un. Il y en a une centaine de milliards, car chacun a le sien. C'est encore comme le visage, qui ne ressemble pas à un autre visage.
Les meilleures objections sont, pour l'entêté, comme des pierres sur sa route ; il les écarte, ou passe par-dessus.
Les dents sont très souvent un indice de l'âme.
Les honnêtes gens sont les plus grands ennemis de la fourberie.
La négation est l'argument favori de l'ignorance.
L'imagination ne se rend jamais quand elle est échauffée.
L'espérance est une riante perspective qui cache le terme du voyage.
Les larmes les plus abondantes tarissent, séchées par les ailes du temps.
La calomnie, comme l'araignée, tend ses filets dans les ténèbres.
L'envie a pour yeux des multipliants.
Une femme bigote est un fléau dans sa maison.
La grâce est naturelle, l'agrément est arbitraire.
Le mieux fait souvent regretter le bien.
Les mielleux sont trop souvent des hypocrites.
Le miel des éloges est enivrant.
Les jolies femmes meurent deux fois.
Le mouvement rétrograde est dangereux : on y perd le passé, le présent et souvent l'avenir.
On rirait souvent de l'homme le plus actif, si l'on savait pour quelles bagatelles il s'agite.
L'homme est né pour agir ; l'inaction est une mort anticipée.
Nul n'est si heureux que celui qui se réjouit du bonheur d'autrui.