Jules Renard (3)

Les citations de Jules Renard :

Un singe a grimpé dans l'arbre de ma vie, et me fait la grimace au plus haut de ses branches.
Jules Renard ; Journal du 16 mai 1894.

Un sommeil d'enfant que ne troubleraient pas même des cris d'enfant.
Jules Renard ; Journal du 9 mai 1894.

Rêve de grandes choses, cela te permettra d'en faire au moins de toutes petites.
Jules Renard ; Journal du 9 mai 1894.

Il faut bien laisser refroidir sa prose, comme une crème avant d'y goûter.
Jules Renard ; Journal du 7 mai 1894.

J'aime la pluie qui dure un jour, et je ne me crois bien à la campagne que quand je suis crotté.
Jules Renard ; Journal du 21 avril 1894.

Tout le jour, je me suis drogué de tristesse.
Jules Renard ; Journal du 9 avril 1894.

Pour détruire les mouches, se mettre tout nu et s'enduire de glu liquide, mélangée d'un peu de miel ou saupoudrée de sucre, et se promener dans sa chambre. Les mouches attirées viennent se coller sur votre peau. Vous les prenez comme vous voulez. Le procédé manque d'élégance, mais il est infaillible.
Jules Renard ; Journal du 7 avril 1894.

La vérité sort de la bouche dentelée des blanches marguerites.
Jules Renard ; Journal du 6 avril 1894.

Dans le monde, multiplier son ennui par celui des autres.
Jules Renard ; Journal du 4 avril 1894.

Ce n'est pas difficile d'être exquis de temps en temps, mais l'être toute sa vie !
Jules Renard ; Journal du 29 mars 1894.

La gloire d'hier ne compte plus ; celle d'aujourd'hui est trop fade, et je ne désire que celle de demain.
Jules Renard ; Journal du 20 mars 1894.

Le soleil ne s'est pas levé aujourd'hui. Il a sucé un peu de neige et s'est recouché, bien affaibli.
Jules Renard ; Journal du 16 mars 1894.

Notre vie, c'était comme un lac d'amitié traversé par un courant d'amour.
Jules Renard ; Journal du 15 mars 1894.

Un teint d'une telle sensibilité qu'il change avec les nuages, comme la mer.
Jules Renard ; Journal du 4 février 1894.

Il marchait sans bruit, comme un poisson.
Jules Renard ; Journal du 4 février 1894.

Les enfants devraient être des apparitions facultatives.
Jules Renard ; Journal du 4 février 1894.

Le ciel est plein d'yeux sanglants. Le ciel, la plus belle queue de paon du monde.
Jules Renard ; Journal du 2 février 1894.

La bonne, dans sa cuisine, fait beaucoup de tapage en remuant ses casseroles pour couvrir le bruit du monsieur dérangé, à côté dans les cabinets.
Jules Renard ; Journal du 12 janvier 1894.

Il consentait à manger très mal au restaurant parce que le patron le connaissait très bien, tout en l'appelant toujours d'un faux nom, autre que le sien.
Jules Renard ; Journal du 11 janvier 1894.

Le cheval s'emportant et caracolant, la locomotive eut peur et dérailla.
Jules Renard ; Journal du 11 janvier 1894.

Une langue comme cette huître qu'on appelle pied-de-cheval.
Jules Renard ; Journal du 11 janvier 1894.

Des regards comme des éclairs de chaleur.
Jules Renard ; Journal du 11 janvier 1894.

Dès que je commence un rêve, je le vois déjà irréalisable, et tout de même ça m'amuse tristement de l'achever.
Jules Renard ; Journal du 9 janvier 1894.

Les feuilles bruissent comme un jupon empesé.
Jules Renard ; Journal du 3 janvier 1894.

Le Christ n'est plus qu'un sujet littéraire à la mode.
Jules Renard ; Journal du 26 décembre 1893.