Henri-Frédéric Amiel.
Biographie :
Célèbre écrivain, poète et philosophe suisse romand né le 27 septembre 1821 au 91 rue du Rhône à Genève, Henri-Frédéric Amiel est mort le 11 mai 1881 dans sa ville natale. Pendant plus de trente ans, jour après jour jusqu'à l'heure de sa mort, Amiel à mis par écrits ses observations sur lui-même, son entourage, et ses relations intimes et professionnelles. Son Journal intime comporte plus de 16000 pages qui ont été publiées pour la première fois, cinq cent pages seulement, en 1882. Découvrez sa biographie complète sur Wikipédia.Les 73 citations de Henri-Frédéric Amiel :
L'amour est sans motifs, et il ne veut pas apercevoir de raisons.
Faites-vous petit, on vous querelle ; soyez coulant, on devient rogue.
Tout désordre s'expie. L'habitude d'ajourner est un désordre.
La vie est si courte qu'on ne devrait ajourner ni le bonheur ni le bien.
Vivons avec ceux qu'on aime comme si c'était la dernière année, peut-être le dernier mois.
Déçu de toutes les manières, mon cœur s'est retiré sur lui-même.
Comme nous jugeons tous mal, ainsi laissons-nous mal juger.
Un malheur ne vient jamais seul, dit-on, et la nature s'acharne sur l'être qui faiblit.
On prend la liberté d'être libre pour la liberté même.
Chacun en ce monde poursuit le bonheur, et le bonheur esquive la poursuite de chacun.
Les espérances de toute ma vie se cognent à un mur inexorable.
La rosée rafraîchit, la pluie fertilise. Tes larmes sont-elles pluie ou rosée ?
Le gain pour le gain me semble une préoccupation avilissante et humiliante.
Tâche de faire plaisir à ceux qui t'aiment, ce sera faire plaisir à Dieu.
Il sera beaucoup redemandé de celui qui a beaucoup reçu !
J'étais honteux comme la vache à qui on retire sa clochette !
Il en est du journal intime comme de la prière et de la vie morale ; plus on le néglige, moins il est attrayant ; moins on en use, moins on peut en user. C'est le détail qui en fait le prix ; or laisser s'accumuler les arrérages, c'est interdire le détail.
Je rêve tout éveillé, je vis en rêve, je rêve que je vis.
Les mercenaires et même les autres hommes ne trouvent gentil que ce qu'ils redoutent, et n'apprécient la caresse que de celui qui peut les mettre en sang.
Faites fond sur l'équité d'autrui, vous m'en direz des nouvelles !
La ponctualité est une probité, elle devient une vertu quand elle coûte de l'effort.
Il est toujours dur de chagriner une femme, ne fût-ce que dans son amour-propre, et on préfère ensevelir dans le silence ces exécutions nécessaires, mais anti-chevaleresques.
Le mariage est le piège où nous attend le monde méchant et l'inexorable destin.
La récidive involontaire est la punition de la première défaillance.
De regret en désenchantement, j'ai dérivé jusqu'à la lassitude universelle.
Les vivants ne sont que des fantômes voltigeant un instant sur la terre, faite de la cendre des morts, et rentrant bien vite dans la nuit éternelle comme des feux follets dans le sol.
En remettant tout au dernier moment, on est beaucoup plus mal servi.
Qui aime le plus est la victime de celui qui aime le moins.
Celui qui se délecte à baver sur les autres est une créature immonde.
Celui qui ne se fait pas un peu craindre ne se fera jamais beaucoup aimer.
De l'œuf de la haine, si petit qu'il soit d'abord, peuvent éclore des monstres.
Pour une âme solitaire, isolée, il est impossible d'une part de consulter autrui ; impossible d'autre part de mesurer tout seul les inconvénients qui résultent du prochain, des préjugés, de l'opinion. Entre ces deux impossibilités, comment faire ?
La conscience est un univers, son soleil est l'amour.
La vanité perche sur une montagne inaccessible, tout dans la plaine lui paraît nul.
Quand une opinion est que 2 fois 2 font 7, les sots sont légions.
Chacun dévide la bobine de ses espérances trompeuses, et quand il l'a épuisée, il s'assied pour mourir, et laisse ses fils et ses filles recommencer la même expérience.
Avec quels yeux différents ne voit-on pas la vie à dix, à vingt, à trente, à soixante ans ! Les solitaires ont conscience de cette métamorphose psychologique. Une autre chose aussi les étonne : c'est la conjuration universelle pour cacher la tristesse de ce monde, pour faire oublier la souffrance, la maladie, la mort, pour couvrir les plaintes et les sanglots qui partent de chaque maison, pour farder le hideux masque de la réalité.
Le bouffon a beau se dédire et se contredire, toujours il estime avoir raison.
Le sérieux est notre cordon ombilical, ce qui nous rattache à l'humanité.
Ce que j'aurais pu être accable le peu que je suis, ce que j'aurais pu faire couvre de confusion ce que j'ai fait. J'ai passé ma vie à tourner en cercle, à disperser, ajourner, à me distraire, à oublier mes peines. Le résultat c'est qu'intellectuellement je n'ai rien produit, n'ayant rien accumulé.
Agis bien et ne regarde pas autour de toi.
Le célibat est une infraction à la nature, à quoi vivre seul quand on a de l'amour à offrir ?
Le mariage est une chose si importante que ce n'est pas assez de toute la vie pour y réfléchir.
La vie est courte, et le chagrin use.
L'amitié féminine tient toujours de l'amour, et l'amour féminin est d'une jalousie féroce.
Il n'y a pas de meilleur ami qu'une amie, cela pense à tout et pourvoit aussi à tout.
Le pédant a du savoir sans savoir-vivre.
Qui a mauvais caractère se fait du mauvais sang, et des ennemis.
Être grincheux, grognon, mécontent, bougon, rend fâcheux et pénible.
L'injustice gratuite, impunie, victorieuse, est un spectacle qui aigrit même les débonnaires.
Pauvre cœur, tu veux de la vie, tu veux de l'amour, et tu as raison, après tout, la vie est sacrée.
Mille moineaux ne valent pas un aigle, ni dix mille cailloux ne valent point un diamant.
En ce monde les niais abondent, les superficiels foisonnent, les cristallisés pullulent.
On n'est jamais plus trahi en ce monde que par les siens.
Face à un sot, seul le silence est grand, seul le silence est digne.
La foi religieuse est le besoin de sortir de son isolement et de se lier à d'autres âmes.
Vivre est un énorme travail dont la mort nous délivre.
La fierté est une qualité dont l'excès ou la déviation seulement sont des défauts.
La plus bouffonne des vanités, c'est la vanité du doute, c'est la singerie du désabusement.
La pudeur est un phénix qui se consume dans l'amour, mais pour renaître du bûcher.
La charité attend que vous soyez abattu sur le sol pour vous apporter le vin de sa miséricorde.
Un homme ne doit pleurer que devant sa mère, excepté les larmes désintéressées.
L'amour maternel est le seul amour qui donne sans illusion, sans besoin de réciprocité.
La mesure est le signe de la maturité intérieure, l'équilibre est la marque de la sagesse.
La vieillesse, c'est l'âge des dépouillements silencieux et des mutilations sans compensation.
Le bonheur efface la laideur même, et fait la beauté de la beauté.
Le grand ressort de la vie est dans le cœur.
La volupté n'est que le baiser de la mort, le piège éternel où tombent les créatures fragiles.
On ne s'habitue pas à un cancer.
Je déteste le décousu, le dépareillé, l'arriéré, et ici j'y suis contraint dans ma vie intellectuelle, manque d'aliments, de ressources et d'un entourage d'émulés.
Les circonspects en ce monde sont encore plus châtiés que les écervelés.
À vendeur de sagesse, il n'est pas de chalands.
Je tourne comme un écureuil dans une toute petite cage, la cage de mes habitudes.