Christian Bobin.
Biographie :
Écrivain, moraliste et poète français né le 24 avril 1951 au Creusot dans le département de Saône-et-Loire, Christian Bobin a reçu plusieurs prix et distinctions durant sa carrière d'écrivain, dont le prix des Deux Magots (1993), le grand prix catholique de littérature (1993) et le prix d'Académie (2016). Découvrez sa biographie complète sur Wikipédia.Les 57 citations de Christian Bobin :
Les années qui passent n'apprennent rien aux imbéciles ni aux méchants.
Un vrai livre est toujours quelqu'un qui entre dans notre solitude.
J'écris dans l'espérance de découvrir quelques phrases, juste quelques phrases, seulement quelques phrases qui soient assez claires et honnêtes pour briller autant qu'une petite feuille d'arbre vernie par la lumière et brossée par le vent.
Les écrivains qui savent d'avance ce que sera leur livre ne sont pas des écrivains mais des créatures de Dieu atteintes par la folie du raisonnable, du sérieux, du devoir à rendre.
La vie réussit à nous trouver quand plus personne ne sait où nous sommes, pas même nous. Si loin que nous soyons, elle se fraye un passage. Si grande soit notre volonté de l'éviter, de la fuir dans un travail, dans un devoir, dans un sérieux - elle arrive, têtue, se moquant gentiment de nous, de la naïveté de nos projets, de la sagesse de nos calendriers.
Ton sourire était une signature divine sur le papier monnaie du temps — une caution, un garant, l'indicible fleurissement de cette vie.
Il est facile de mener plusieurs vies, il suffit de n'en avoir aucune à soi.
Il y a des endroits dans le monde dont la simple vue nous décolle l'âme tellement c'est triste, ce sont les endroits où l'argent a tué l'âme.
La vie ressemble à un film d'une chaîne de douleurs reçues puis transmises.
La merveille, c'est d'exister ; il n'y en a pas d'autre.
Le livre est la mère du lecteur.
J'ai beau avoir lu les philosophes, je suis très sceptique quant à la métaphysique, mais quand je parle avec quelqu'un d'âgé, je suis plus proche d'une philosophie vivante que dans les livres de philosophie.
Le feu de l'esprit, il passe où il veut. Il n'a besoin pour prendre que d'un bois sec, c'est-à-dire d'un cœur ferme.
La bonté, c'est le grand naturel du cœur qui est à chaque fois inattendu.
Ce qui croit commencer ne fait que poursuivre.
L'écriture est depuis toujours pour moi un chemin et une réparation.
La pensée juste est contagieuse : Devant certain poèmes arabes je suis cloué physiquement, c'est comme s'ils entraient physiquement dans mon sang. Moi, ce qui me touche le plus, c'est quand toute la force qui circule dans le sang va se trouver réunie comme un bouquet de roses dans le cœur.
L'esprit de sérieux, c'est du plomb, et personne n'arrivera jamais à me le faire prendre pour de l'or.
Toute chose a son contraire, son double intime avec quoi elle lutte et dialogue.
Le travail c'est d'être où l'on n'a pas choisi d'être, où l'on est contraint de demeurer.
Qui veut se faire aimer des hommes commence par les quitter.
Faire trop longtemps la même chose, cela rend vieux.
Le travail des mères est de protéger les enfants de la noire humeur des pères.
Prouver est un désir de savant ; accueillir est un désir d'amoureux.
La poésie est parole aimante, parole émerveillante, parole enveloppée sur elle-même, pétales d'une voix tout autour d'un silence. Toujours en danger de n'être pas entendue. Toujours au bord du ridicule, comme sont toutes les paroles d'amour. On croit que la poésie est un agencement un peu maniéré de certains mots, une façon obscure de faire tinter un peu d'encre et de songe. Mais ce n'est pas ça. Ce n'est pas ça du tout.
Quand on a le Christ, on ne peut plus imaginer : On est débordé par le réel.
La solitude épure la vue, elle nous dit que nos jours passent plus vite que le vent sur les eaux, que notre âme est plus pauvre que l'ombre sur la terre.
Rien de plus heureux que de penser à ceux qui ne sont plus : ils reviennent par cette pensée et c'est comme si on gagnait au bras de fer avec la mort, éprouvant la douceur d'être momentanément vainqueur des ténèbres.
Ne plus penser à rien, c'est commencer à bien penser.
Dans l'amour, à qui n'ose demander, on donne l'eau fraîche d'une parole.
L'abandon est ce tremblement de terre que la bête du cœur devine avant qu'il arrive.
Violente femme douce, j'ai perdu le nom de ton parfum mais je me souviens des drames qui en faisaient l'essence.
Sur le cœur de l'agonisant un pétale de rose pèse plusieurs tonnes, et le monde moins qu'une poussière sous le lit.
Aimer, c'est savoir lire toutes les phrases de l'être aimé qui sont dans son cœur.
Dans la société occidentale, tous les chemins nous sont donnés pour nous perdre. Le seul qui nous soit enlevé est le vrai chemin.
La véritable écriture, c'est quand on est attendri par quelqu'un : Le ciel qui est en nous cherche les petits morceaux de ciel qui sont en exil sur cette terre. Cet exil est terrible, c'est pourquoi le ciel qui est en nous ne se trompe jamais dans ses choix.
Je n'ai plus envie d'avoir cette indulgence paresseuse qui consiste à mettre n'importe quel auteur à côté de n'importe quel autre : On ne peut pas aimer de la même façon ceux qui éveillent et ceux qui égarent.
Les opinions sont des branches mortes flottant sur l'eau croupie de l'époque.
Ce qui fait le désespoir de tant de couples, c'est un irrespect de la solitude native de l'autre.
L'amour et la solitude sont comme les deux yeux d'un même visage.
Le mariage est encore la meilleure façon pour une femme de devenir invisible.
Tout se donne à voir sur le ciel d'un visage.
Une seule chose compte, c'est la gaieté : Ne laisse jamais personne te l'enlever.
Vivre dans la solitude est un luxe ; vivre dans le silence est un autre luxe.
L'intelligence cela ne s'apprend pas, cela s'exerce.
Ton cœur est tendre comme du lilas entamant une conversation avec un brin de ciel bleu.
La fermeté, voilà ce qui me plaît chez quelqu'un : une autorité bonne et délivrante.
Aimer, c'est s'approcher au plus près de l'autre jusqu'à éprouver de l'intérieur ses mouvements.
Je me suis marié la gaieté dans le cœur, et si j'ai divorcé, c'est parce qu'elle menaçait d'en partir.
Désespoir, amour, gaieté, qui a ces trois roses enfoncées dans le cœur a la jeunesse pour lui.
Ceux qui nous aiment sont bien plus redoutables que ceux qui nous détestent.
Les gens on les aime tout de suite ou jamais.
Le temps est la toupie de Dieu.
Le paradis est d'être en ce monde.
Rien n'est plus contagieux que la liberté.
Le travail c'est du temps transmué en argent.
Toute vraie présence est épuisante.