Auguste de Labouïsse-Rochefort.
Sa biographie :
Homme de lettres et poète français né à Saverdun en Ariège le 4 juillet 1778, Auguste de Labouïsse-Rochefort est décédé à Castelnaudary dans l'Aude le 21 février 1852. Surnommé « le poète de l'hymen », il fut célèbre par sa passion pour sa femme Éléonore, une créole de l'Ile de France, dont il chanta les louanges dans plusieurs de ses ouvrages. Ses principales oeuvres : Les Amours à Éléonore (1817), Petit voyage sentimental (1828), et les Pensées, observations et réflexions morales, politiques et littéraires (1810).
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Les 71 citations de Auguste de Labouïsse-Rochefort :
La réputation d'esprit solide vaut mieux que celle d'esprit fin.
Un bel esprit n'est qu'un moulin à paroles.
La pensée est une parole cachée, et la parole une pensée découverte.
Plus on est sobre de paroles, moins il échappe de sottises.
Tant qu'il y aura des ambitieux, les méchants seront toujours flattés.
Nous sommes si délicats que la douleur nous révolte quand elle est reçue sans courage. On veut que nous soyons comme ces gladiateurs qui étaient non seulement condamnés à mourir, mais encore à mourir avec grâce.
La gaieté est l'expansion d'un esprit aimable.
Nul ne peut pardonner d'aimer sans être aimé.
Quand la défiance arrive, l'amitié disparaît.
Les lois n'ont de force que lorsqu'elles sont appuyées sur la morale.
L'homme franc n'affirme qu'une fois.
Mieux vaut perdre un ami par trop de franchise que de le conserver aux dépens de l'honneur et de la vérité.
Les mots sont comme les transparents qui prennent la couleur du fond sur lesquels on les place.
Le plus souvent un rimeur prend des réminiscences de mots pour des idées.
On se plaint des caprices du beau sexe ; nous serions trop jaloux, s'il n'avait en partage quelques défauts.
Quand je vois un philosophe morose exagérer les erreurs et les vices des hommes, je me représente un peintre se peignant devant un miroir.
Il est avantageux de louer ceux qui meurent, afin d'encourager ceux qui vivent.
User les passions cela s'appelle vivre.
Une femme indifférente résiste, et s'en souvient à peine. Une femme sensible s'applaudit de ses refus ; en s'applaudissant elle s'en rappelle l'objet ; elle le plaint, s'attendrit, et finit par se rendre.
Une femme tendre et sensible sait peindre sa passion, sans qu'il en coûte à sa délicatesse ; elle a l'art de tout dire sans presque rien avouer. Naïve et réservée, naturelle quoique se servant d'expressions qui paraissent avoir été réfléchies, l'on aperçoit dans son style un feu, une grâce, une finesse qu'il serait impossible à un homme d'imiter. Lorsqu'il s'agit d'écrire, nous devons céder la plume aux femmes ; la leur disputer serait une présomption. Notre esprit, notre érudition ne sont pas comparable à l'instinct que leur donne le sentiment.
Les hommes sont si habitués à se copier les uns les autres qu'ils sont plus disposés à pardonner un vice qu'une singularité.
Quelquefois il manque à l'amour la sincérité de l'amitié, et à l'amitié le zèle de l'amour.
La première faveur de l'amour est comme un contrat, qui assure la possession de toutes les autres.
La jalousie cause des maux cruels à celui qui en est atteint, et fait souffrir celui qui en est l'objet.
L'homme est souvent aveugle sur ses intérêts, aussi ne le conduit-on sûrement que par ses passions.
Ceux qui ont raison sont ceux qui disputent le moins. Ils rient en secret des sottises que les autres étalent pour se défendre ; cela console leur amour-propre et les dispose à la complaisance.
Le paradoxe est à l'esprit ce que la coquetterie est à la beauté.
L'opinion est une loi commencée.
Un amour extrême, s'il est malheureux, rend misanthrope.
La décence ressemble aux barrières ; en payant l'impôt on les franchit.
L'usage est un tyran ; le sage s'y soumet, le petit maître en est l'esclave.
Souvent ce qu'on tait vaut mieux que ce qu'on dit.
La joie est une fusée volante, elle ne laisse aucune trace.
Il est des oreilles pour qui la musique n'est qu'un beau bruit.
Il en est des sots comme des femmes laides ; plus ils veulent se parer, plus ils déplaisent.
Le bon sens est préférable à l'esprit, car si penser avec délicatesse est bien, agir avec prudence est mieux.
En ce monde les sots et les fripons triomphent aisément ; ce qui ne serait pas le cas si les gens d'esprit savaient s'entendre.
La richesse est le passeport de la sottise, un riche se croit tout permis !
Un sot a beau faire broder son habit, ce n'est jamais que l'habit d'un sot.
Les sots font moins de sottises que les gens d'esprit, mais en revanche ils en disent davantage.
Un bon agriculteur est plus estimable qu'un mauvais écrivain.
Il est des cas où le goût peut suppléer le génie ; le génie ne remplace jamais le goût.
La pensée de l'homme de génie est comme un gland, qui renferme en lui un million de glands.
Une extrême censure est la marque d'un esprit médiocre ; on fronde souvent ce qu'on ne sait pas comprendre.
La religion est nécessaire aux hommes ; elle les console dans leurs malheurs, elle les effraie dans le chemin du vice. Ceux qui se disent philosophes devraient la respecter, sinon par conviction, du moins par sagesse, par intérêt et par reconnaissance.
Le doute est semblable à l'enfer, il ôte jusqu'à l'espérance.
Le doute et l'incrédulité, c'est la fleur et le fruit.
L'expérience d'un jeune homme l'expose à faire des sottises, elle l'empêche de songer qu'il se prépare de longs repentirs.
Enfant trop gâté, enfant ingrat.
L'un des premiers moyens d'être heureux, c'est de songer au bonheur de ceux qui nous entourent.
Qui n'aime pas les autres ne s'aime pas lui-même.
Le bonheur n'est pour beaucoup de personnes qu'un ennui diversifié.
Choisissez vous-même celle qui doit être votre compagne, puisque vous devez lui confier votre bonheur.
On serait bien souvent plus heureux dans le mariage si on ne craignait pas de le paraître.
De loin le ridicule paraît un monstre, il effraye ; de près ce n'est qu'une ombre.
La jalousie dans le mariage déshonore les deux époux.
Le sentiment est aux plaisirs de l'amour ce qu'est le coloris en peinture ; il donne plus de lustre aux tableaux.
La jalousie ressemble à un torrent qui roule avec fracas, et qui finit par s'engloutir dans un gouffre.
L'indifférence réussit rarement à feindre le sentiment. Elle passe les bornes de la vérité, et croit persuader par l'exagération ; dans la dissimulation il est plus facile d'être outré que d'être naturel.
Il est des personnes pour qui le sentiment n'est qu'un rêve de la tête.
L'amitié est le mariage de l'âme.
La modestie n'est bien souvent qu'un orgueil déguisé.
L'amour-propre est utile ; il donne l'éveil à nos qualités. Sans une noble idée de nous-mêmes, nous resterions ensevelis dans une froide et triste inaction.
Tout rapporter à l'amour-propre, c'est en quelque sorte disculper ces hommes froids qui prennent leur indifférence pour une vertu.
Les femmes galantes n'ont qu'un moment de règne ; les illusions des sens disparaissent ; les attraits se flétrissent : sans l'esprit leur victoire n'est pas durable, et leur domination reste imparfaite.
La coquetterie est un piège tendu à la finesse ; la pruderie en est un pour la simplicité.
Les vieillards sont bien malheureux ; personne n'ose plus leur dire la vérité, il est trop tard.
On loue presque toujours par intérêt ou par amour-propre : par intérêt, pour être bien accueilli des personnes dont on a besoin ; par amour-propre, pour montrer son discernement.
Qui veut être loué doit s'abstenir de son propre éloge.
Tel a paru toujours bon à qui il n'a manqué que l'occasion pour être méchant.
La majorité des hommes ne vivent qu'avec les sens ; il en est très peu qui sachent vivre avec leur âme.