Jean Baptiste Alphonse Karr.
Biographie :
Journaliste, critique et écrivain français né le 24 novembre 1808 à Paris, Alphonse Karr est mort le 30 septembre 1890 à Saint-Raphaël dans le Var. Romancier, provocateur, poète et journaliste connu pour sa plume acide, son franc-parler et ses prises de positions directes, il est le fondateur de la revue satirique les Guêpes qui sévit de 1839 à 1876. Point de tabous, on parle de rien et de tout, de vérités fondées qui blessent surtout. Alphonse Karr repose au cimetière de Saint-Raphaël, cimetière qui porte aujourd'hui son nom. Découvrez sa biographie complète sur Wikipédia.Les 65 citations de Alphonse Karr :
Il faut cacher tous ses bonheurs comme le voyageur cache son or quand il doit traverser une forêt périlleuse. La vie est fort boisée.
La nuit a ses oiseaux, ses fleurs et ses insectes qui dormaient pendant le jour et qui s'éveillent lorsque les autres s'endorment. La lune est leur soleil.
L'air que je respirais près de ma bien-aimée, l'air où se confondait son haleine embaumée, l'air, le même pour tous les deux… Et moi, pour respirer de plus près son haleine, ma bouche, en frémissant, s'approchait de la sienne, et touchait presque ses cheveux.
L'habitude n'est pas la seconde, mais la seule nature du plus grand nombre des hommes.
Les vessies ne sont pas des lanternes.
Ce que je cherche dans le mariage, c'est une compagne qui embellisse ma vie d'une affection constante, et qui sème des fleurs sur le chemin, qui tous les jours me semble plus aride.
Je compare les yeux noirs à un instrument qui, quelque mélodieux qu'il soit, a une gamme incomplète et ne peut donner les demi-tons.
Mesdames, si, à l'heure où vous lisez ceci, le soleil descend à l'horizon, et le vent porte les parfums des fleurs, allez vous promener quelques instants sous les arbres dont les cimes noircissent ; allez entendre le frémissement des feuilles, vous en reviendrez douce, bonne et disposée à ouvrir votre cœur aux sentiments tendres et exaltés. Mais si le soleil au zénith brûle la terre ; si les nuages laissent tomber la pluie qui les surchargeait ; si la neige s'attache aux branches nues des arbres ; donnez une heure à votre toilette, détachez vos cheveux soyeux, peignez leurs longues tresses, parfumez-les, faites-vous belle, c'est un devoir pour les femmes ; il est si doux de les voir ; les femmes n'ont pas le droit de nous priver du bonheur de les admirer, elles n'ont pas le droit de ne pas être belles.
Le parfum ne revient pas aux roses flétries.
La pudeur d'une femme est comme la neige, il faut bien peu de chose pour altérer sa blancheur, et elle ne la recouvre jamais.
On ne peut admirer le patriotisme dans un pays sans au moins le tolérer dans les autres.
La femme peut aimer plusieurs fois, mais elle n'a qu'un amour à donner, c'est le premier.
Tu es, mon amour, la chair de ma chair et les os de mes os.
Pour nous médecins, la nature a des secrets qu'elle ne nous révèle pas, et la vie de chacun en ce monde est fixée à un certain nombre de jours qu'il n'est pas en notre pouvoir de prolonger.
Un mensonge qui nous plaît est la plus évidente des vérités.
Ce qu'il y a de précieux en une femme, c'est l'amour qu'elle ressent.
Une seule chose empoisonne mon bonheur, c'est le malheur de n'avoir pu te donner, comme je te donne mon premier et mon seul amour, mes premières et mes seules caresses ; jamais ma honte ne m'avait autant humiliée que depuis que je t'aime. Pour toi, je voudrais être si belle et si pure !
Pour être riche, il y a deux moyens de le devenir quand on ne l'est pas ou par droit de conquête ou par droit de naissance. Le premier est d'augmenter son revenu jusqu'à ce qu'il se trouve en équilibre avec les désirs et les besoins. C'est le plus commun, le plus difficile, et le seul que l'on essaye. Le second est de diminuer ses besoins et ses désirs jusqu'à ce qu'ils se trouvent en équilibre avec le revenu. Ce moyen est simple, facile, et personne n'y pense.
Les hommes qui passent pour riches ne prévoient ni leurs caprices, ni des besoins nouveaux, et, quelle que soit leur fortune, ils ont tellement agrandi leurs besoins, qu'ils n'ont que justement de quoi les satisfaire ; tandis que, pour avoir assez, il faut avoir trop.
L'immobilité est le plus beau mouvement de l'exercice.
Les honneurs durables sont ceux qui reculent à mesure que nous avançons.
Il y a un instinct dans le cœur de l'homme qui le fait s'effrayer d'un bonheur sans nuage.
Le soleil qui là-haut gouverne les saisons, soleil de l'almanach, soleil de tout le monde, éclaire l'honnête homme et le brigand immonde en même temps, de ses mêmes rayons. Mais l'astre du poète est un regard de femme, soleil bleu, noir, vert, gris qui fait naître dans l'âme, une moisson de fleurs sous ses baisers féconds.
Chaque homme possède trois caractères : Celui qu'il montre, celui qu'il a, celui qu'il croit avoir.
Le bonheur n'est pas un gros diamant, c'est une mosaïque de pierres d'inégale valeur et d'éclat différent, parmi lesquelles se trouvent quelques cailloux et qui souvent n'ont d'éclat que par le rapprochement ou le contraste des couleurs.
Le bonheur ! c'est cette maison si riante au toit de chaume couvert de mousse et d'iris en fleurs. Il faut rester en face ; si vous entrez dedans vous ne la voyez plus.
Jamais la nuit, jamais l'aurore ne se sont succédés, sans entendre à la fois, et les vagissements des enfants qui souffrent en naissant, et les sanglots sur la tombe des vieillards.
Il faut quitter le monde et les salons quand on ne les orne plus.
Il y a des créatures qui, renfermées dans un corset, dans des souliers, dans des gants, ont la forme d'une femme ; comme l'eau a la forme de la carafe qui la contient. Mais ôtez le corset, les souliers et les gants, il en adviendra comme de l'eau, si vous cassez la carafe.
On ne mange de conserves que quand on n'a pas de fruits.
On s'aperçoit qu'on a vieilli, quand on a à la barbe presque autant de poils blancs que de noirs, mais surtout quand les jeunes filles vous témoignent une confiance et une sécurité offensantes ; elles sont avec vous familières et même naturelles.
Jeune, parmi les hautes herbes, je cueillais au hasard des fleurs ; vieux aujourd'hui, je veux lier mes gerbes.
L'homme qui vivrait seul dans une île déserte ne s'occuperait d'avoir ni de riches habits, ni de somptueux ameublements. Donc, c'est pour les faire voir aux autres qu'on se procure souvent, avec tant de peine, quelquefois avec tant d'infamies, tout ce qu'on appelle le luxe. Eh bien, quel effet produit sur les autres cette exhibition magnifique ? Rien autre chose que de leur inspirer de l'envie et de la haine, de les mettre à l'affût de vos vices et de vos ridicules.
Tout homme de bonne foi qui se voudra rappeler les diverses opinions qu'il a eues sur les femmes depuis son enfance jusqu'à sa vieillesse y trouvera un étrange chaos et verra qu'il n'est pas beaucoup plus avancé que le premier jour, et que, s'il pouvait recoudre une autre existence au bout de celle qui lui a été donnée à dépenser, il aurait encore à apprendre pendant tout le temps de cette seconde vie, et ne saurait rien quand elle prendrait fin à son tour.
Aime bien qui est bien châtié.
Arborer la bannière du bon sens, c'est se déclarer ennemi public.
On ne sacrifie qu'aux dieux qui ont quelque chose à donner.
Le ciel ne nous avait pas faits l'un pour l'autre ; il nous a fait payer chers les moments de bonheur dont nous nous sommes enivrés malgré lui ; aimons-nous, mais regardons-nous comme un frère et une sœur que les lois humaines séparent à jamais.
Les amoureux ont ceci de ravissant, que lorsqu'ils se croient en présence d'un rival redoutable, au lieu d'entamer avec lui une lutte d'agréments, d'esprit et de flatteries, ils se hâtent de pâlir, de froncer le sourcil, de se retirer dans un coin muets et refrognés, ou de dire des duretés ou des impertinences à la femme dont ils réclament la préférence.
Un homme d'affaires est un monsieur qui a pour état de faire ses affaires dans les vôtres.
Les yeux sont du visage humain la partie la plus noble et la plus importante ; les yeux sont composés de corps, d'âme et d'esprit, ou plutôt les yeux sont la fenêtre où l'âme et l'esprit viennent se montrer.
L'avarice est une passion qui n'est nullement à la portée des pauvres gens. On ne méprise que la pauvreté involontaire et dont on souffre, mais la pauvreté volontaire dont on jouit, c'est-à-dire l'avarice, obtient facilement l'estime des hommes.
Il y a des gens tellement grossiers qu'on s'attriste de partager quelque chose avec eux. On s'accoutume à leur voir les richesses et les honneurs, mais on est choqué de les voir aimer et être aimés.
Dans le monde, chacun a trois caractères, celui qu'on a, celui qu'on croit avoir, et celui qu'on se fait.
La coquetterie des femmes n'est un crime aux yeux des autres femmes que parce qu'elle gêne la leur.
On doit juger de la beauté, non par les proportions mathématiques du corps et du visage, mais par l'effet qu'elle produit.
L'ami d'une femme peut, à la faveur d'un moment ou d'une occasion, devenir son amant ; mais l'homme qu'elle n'a jamais vu a mille fois plus de chances que lui.
Il n'y a rien d'embarrassant comme d'être trop familier avec une femme dont on est amoureux ; on perd tous ces indices si importants. Vous ne pouvez comprendre ni vous faire comprendre. Une pression de main n'a plus aucun sens. Si vous voulez, on vous laissera donner un baiser. Vous pressez le bras, on n'y fait pas attention. Pour faire comprendre que vous êtes amoureux, il ne suffit pas de faire naître un sentiment, il faut en détruire un autre ; il faut dire ouvertement : Je vous aime, et peut être : Je vous aime d'amour.
Avec de l'imagination et des obstacles, on peut toujours adorer une femme ; il n'est pas aussi facile de l'aimer.
Il y a, dans l'amour, deux phases séparées par une crise difficile. Le premier attrait de l'amour est la nouveauté. Ce serait si joli une autre femme, s'il y en avait plusieurs. Presque toujours l'amour meurt, quand la nouveauté s'en va ; car alors il n'y a plus rien, la nouveauté n'est plus, l'habitude n'est pas encore ; mais si l'amour survit à cette crise et devient une habitude, il ne meurt plus.
L'amour est entièrement à celui qui aime ; l'aimé n'est qu'un prétexte.
Pour n'être pas à son amant, croyez-vous qu'une femme soit à son mari ? Elle garde, il est vrai, son corps pour un seul, mais elle donne sans scrupule son âme et son cœur à un autre.
Une femme qui aime un homme d'esprit l'aime moins pour l'esprit qu'il a que pour l'esprit qu'on lui trouve.
Il n'y a rien de si agréable pour une femme que d'être désirée.
Ce qu'il y a de plus important dans la conversation, c'est peut-être le silence.
L'amour, comme la petite vérole, ne s'attrape pas deux fois.
Le bonheur d'être décoré : Mettre un œillet rouge à sa boutonnière ; à dix pas, on croit que vous êtes officier de la Légion d'honneur ; à trois pas, on voit que vous êtes un sot.
Femme, un peu de beauté, médiocrement d'esprit, et pas du tout de cœur, et tu seras heureuse si tu mets ton bonheur à gouverner les hommes.
J'aime mieux les femmes blondes aux yeux bleus que les brunes : elles sont plus femmes, elles s'éloignent davantage de la ressemblance de l'homme. Les yeux noirs ont de la vivacité, mais une vivacité uniforme ; leur langage n'a que quelques mots expressifs, mais toujours les mêmes ; les yeux bleus disent tout et de mille manières différentes, ils expriment jusqu'aux menaces les plus délicates et les plus difficiles à saisir.
Les femmes, avant tout, veulent plaire ; elles n'ont rien à faire près de ceux qui les trouvent adorables, et qui se récrient à chacun de leurs gestes, à chacune de leurs paroles. Mais si un homme ne les admire pas sans restriction, s'il est indifférent à leur beauté, c'est celui-là qu'elles veulent charmer.
Une jeune femme, c'est un frais et rose duvet de pêche sur une peau ferme ; une taille flexible, une démarche légère, trente-deux dents blanches ; les yeux, fenêtres de l'âme, scintillants d'un bel éclat.
Quand une femme dit d'une autre femme : « Elle est bien faite » cela veut dire qu'elle louche et qu'elle a des marques de petite vérole. Si par contre elle dit seulement que « c'est une bonne personne » jugez hardiment que celle dont elle parle est laide et contrefaite.
Le bonheur, il faut rester en face, si vous entrez dedans, vous ne voyez plus votre bonheur.
L'amitié n'existe pas plus entre deux femmes qu'entre deux épiciers domiciliés en face l'un de l'autre. Comme l'amitié d'homme à femme est également une chimère, à moins que l'on ne donne le nom d'amitié à une liaison dans laquelle l'amour est devenu l'accessoire après en avoir été le principal motif.
Dans ma jeunesse, je rougissais quand on me donnait de l'argent ; si je rougis aujourd'hui, c'est quand on ne m'en donne plus.