Michael Girardi
Biographie :
Médecin, professeur, philosophe et écrivain italien né le 31 novembre 1731 à Limone di Benaco, dans le territoire brescian, Michael Girardi est décédé le 17 juin 1797 à Padoue. Professeur plein de zèle, anatomiste exact et laborieux, physiologiste et médecin judicieux, il répandait le plus grand intérêt sur l'enseignement. Membre de l'institut de Bologne, de la société italienne des sciences et de la société royale de Madrid, Girardi est mort de la goutte en 1797.Les 109 citations de Michael Girardi :
Qui ne se trouve ému de rien est aussi peu propre à parler que celui qui ne pense rien.
L'argent doit être considéré comme un moyen, et non comme un but.
Il en est des hommes comme des tableaux : De trop près on les juge mal ; de trop loin de même. Nous sommes trop près de nous-mêmes, et trop loin des autres, pour en bien juger.
Avant de se battre pour le bonheur, il faudrait être sûr que la victoire le donnera.
Il en est de la charité de la plupart des hommes comme de la bonne foi d'un banqueroutier : tous en parlent, comme les sourds de musique.
Il n'y a pas de têtes plus dures que les têtes vides.
Les hommes les plus critiques sont bien souvent ceux qui n'ont jamais rien réussi dans leur vie.
Le dédain a pour satellites ordinaires la médiocrité, la vanité et l'ignorance.
Les guerres dureront tant que les hommes seront assez sots pour admirer ceux qui les tuent.
La conscience est le meilleur livre de morale que l'on puisse avoir, consultons-la souvent.
Quand la fortune nous abaisse, elle nous parait aveugle ; quand elle nous élève, elle nous paraît clairvoyante.
Souvent on désire ce qu'on ne voudrait pas obtenir souvent.
La vraie philosophie est fille du jugement et de la bonté.
L'or est notre esclave ou notre maître, selon que nous en faisons usage.
On étend le nécessaire si loin que le superflu même n'y peut suffire.
On ne pleure sincèrement que quand on pleure sans témoins.
L'expérience et la prudence sont deux bons devins.
La chose la plus difficile est d'aimer ce qui déplaît, et se refuser à ce qui plait.
Les belles actions, les actions généreuses, ne sauraient trop se vanter, elles sont si rares !
On parle mieux des règles qu'on ne les pratique.
La femme qui se débraille oublie que la rose est plus belle sous le feuillage.
Le travail de la tête use plus promptement que celui du corps.
Le temps renverse tout ce qu'il élève.
La tristesse a pour objet les maux présents ; la crainte a pour objet les maux futurs.
La pompe du culte est à la religion comme une parure brillante est à la femme.
Avec du courage on se fait tuer ; avec du courage et de la prudence, on parvient à vaincre.
Buvez à la coupe du plaisir, mais ne la videz pas.
Les conspirations sont filles de l'arbitraire et de l'oppression.
La confiance accordée trop hâtivement est source de repentir.
Une bonne tête est plus nécessaire aux rois qu'un bon cœur.
Il y a charlatanisme de mœurs, charlatanisme de sciences, charlatanisme de vertus, charlatanisme de sentiments, charlatanisme de littérature, charlatanisme de patriotisme : acteur infatigable, le charlatanisme a pris tous les masques, c'est à l'homme sage à le reconnaître.
Les chaînes les moins pesantes sont celles que dore la gloire.
La censure est le coupe-gorge du génie.
Les censeurs sont ordinairement les ciseaux du mauvais goût.
Le célibat est la cause première de l'adultère.
Les grands caractères ne sont pas toujours de bons caractères.
La candeur est la pierre de touche de l'innocence.
Le bourru, dans son humeur bizarre, excite quelquefois notre admiration par la bonté de son cœur ; il n'est jamais égoïste ; le fat qui joue l'aimable et singe l'homme vertueux par ostentation, ne mérite que notre mépris.
Il en est du bonheur comme de l'esprit, plus on le cherche, moins on le trouve : attendez qu'il vienne.
L'homme bienfaisant a souvent manqué son but : il a plus excité l'ingratitude que la reconnaissance.
Tout homme ne peut être bienfaisant, mais tout homme doit avoir de la bienveillance.
Tirer vanité de quelque chose, c'est prouver qu'on n'y est pas encore accoutumé.
Ne souffrez pas que les hommes bruyants donnent le ton, ils ont l'oreille dure et fausse.
Le plus beau titre de l'homme est celui d'être un véritable homme.
Dans tous nos travaux ayons présent à l'esprit un critique et non un approbateur.
Les richesses sont un avantage qui nous est commun avec un grand nombre d'hommes très méprisables.
Le piège le plus adroit est celui que l'on tend à l'hypocrite en l'obligeant à une bonne action.
Nos dettes et nos ennemis sont toujours en plus grand nombre que nous ne croyons.
Ceux qui se plaignent plus amèrement d'un malheur en ont été bien souvent la cause.
Toute espèce de luxe est un crime envers la société tant qu'il existe un homme dans le besoin.
On attribue souvent au mérite un effet du hasard.
L'humanité s'afflige en voyant une grande nation redescendre lentement dans les principes dont une violente secousse l'avait un moment tiré.
Les grands n'ont que la tête plus élevée que nous, leurs pieds s'appuient sur la même terre.
Qui désire toujours passe sa vie à attendre, et qui ne désire plus attend la mort.
Si vous voulez connaître le cœur d'un homme, observez l'accueil que lui font ses égaux.
Une femme dépourvue des qualités du cœur et de l'esprit, n'offrant que les attraits de la beauté, me fait tout l'effet d'une bûche surmontée d'une tête de Raphaël.
On peut être plus malin qu'un autre, mais non pas plus malin que tous les autres.
La faiblesse des femmes part du cœur, la faiblesse des hommes de l'esprit.
Un bienfait est une chaîne délicate qui lie notre cœur.
L'avarice est la peine des riches, un riche avare est plus pauvre qu'un indigent libéral.
Les conseils d'un ami sont le flambeau de l'âme.
Dans la plante, on compte les étamines pour savoir à quelle classe elle appartient ; chez l'homme, on compte ses pièces d'or.
Punir un sot de ses sottises, c'est punir un aveugle pour s'être heurté la tête.
Il n'est pas en notre pouvoir d'aimer toujours : l'appétit du cœur a ses bornes, comme l'appétit de l'estomac a les siennes : nous n'avons pas plus à dire aux mouvements de notre cœur qu'à ceux de notre estomac.
Plus un homme s'élève dans la société, et plus il est abaissé par les envieux et médisants.
Dites-moi combien vous possédez de pièces d'or, et je vous dirai combien vous avez d'amis, et combien de crimes vous pouvez commettre impunément, sans être inquiété nullement par les juges.
Il y a plus à gagner à dire du mal de soi qu'à en dire du bien.
Qui dirait que le ver à soie est le fondateur des sciences et des arts, et de la prospérité publique ! Le ver produit la soie, la soie les rubans, et les rubans font marcher les peuples ! Faites mourir ce ver , et la terre va se peupler de paresseux et d'ignorants.
L'homme apprend à tout connaître, hors lui-même : il sait ce qui se passe au soleil, qui est à plusieurs millions de lieues de lui, et il ignore ce qui se passe en son estomac, qui est en lui !
L'or est le plus inaltérable des métaux, et lui-même altère tout.
Il n'y a partout dans le sang que de la fibrine et du sérum ; j'en conclus qu'il n'y a pas de sang noble, mais des pensées et des cœurs nobles.
Quand je considère idéalement l'âme impérissable associée au corps que tout altère et détruit, je crois apercevoir le pot de terre et le pot de fer voguer ensemble sur une mer orageuse.
Il est bon quelquefois de chercher ce qu'on ne peut trouver ; que de choses n'a-t-on point découvertes en cherchant la pierre philosophale !
Les leçons du malheur nous en apprennent plus que celles de Socrate et de Platon réunies.
L'homme change comme les couleurs du caméléon ; qu'on l'examine à sa naissance, dans l'enfance, la jeunesse, ta vieillesse, l'âge viril, le matin, le soir, le jour, la nuit, avant et après le repas, on verra que la vie de l'homme n'est qu'une véritable représentation de lanterne magique.
Donner de bonnes leçons sans prêcher d'exemple, c'est faire prendre un petit verre d'absinthe sans fournir de quoi satisfaire l'appétit.
L'envie est le désespoir impuissant de la médiocrité.
L'enthousiasme, aux yeux du sage, est toujours absurde quand il n'est pas déplorable. A-t-il pour objet la vertu ? eh bien, comme il n'est pas d'enthousiasme sans passion, et que la passion, aveugle de naissance, tâtonne et marche au hasard, l'enthousiasme divague, erre, se fourvoie et finit par prêter au ridicule lorsqu'il aurait dû commander notre admiration.
L'ennui, en accablant l'homme sous le poids de son existence, l'a souvent conduit au suicide, c'est un des effrayant privilèges de la richesse : l'homme de peine ne le connaît jamais.
On ne résiste pas au talisman de la véritable éloquence : elle parle, instruit, captive, persuade, et s'arrête.
L'égoïsme est le compagnon ordinaire de la vieillesse. L'âge pourtant semblerait donner à l'homme qui a vécu assez longtemps pour voir et apprécier les malheurs de ses semblables, l'abnégation de ses propres intérêts, pour ne consulter que ceux d'autrui, d'autant plus que peu de jours lui restent à consacrer à la bienfaisance ; hélas ! Non, plus il approche du terme prescrit, plus il tient à l'existence, plus il s'y attache, plus il s'y cramponne ; c'est un amant qui, avant de marcher à la mort, reçoit les derniers embrassements de son amante : il la serre contre son sein, il l'enlace, il l'étreint avec délire, et la force seule peut les séparer.
L'amour de l'égalité a pour père le malheur, et pour mère l'envie.
La bonne éducation, comme ces liqueurs détersives qui enlèvent les taches de nos vêtements, fait disparaître les souillures de l'âme.
Le plus grand des doutes, c'est le bonheur tranquille que promet le mariage.
La docilité soutenue des jeunes gens est presque la preuve certaine de leur incapacité.
Le divorce le plus commun, et le moins scandaleux, est celui que l'on fait avec le bon sens.
L'homme distrait est celui qui a beaucoup ou rien à faire.
La dissipation est fille de l'avarice.
La dissimulation est le premier pas vers l'hypocrisie.
Tout homme entrant en faveur auprès d'un souverain, devrait avoir en perspective moins les honneurs et les dignités précaires qui l'attendent, disgracieuse certaine qui lui est réservée : qu'il fasse bien, il sera disgracié ; qu'il fasse mal, il sera disgracié ; ainsi, qu'il agisse de manière à pouvoir reconnaître que la disgrâce d'un homme vertueux augmente sa considération dans l'esprit public.
Les souverains font des dettes, les peuples les paient ; comme ces oncles de comédie qui arrivent à temps pour solder les fredaines de leur neveu, les peuples acquittent avec autant de complaisance les bamboches royales.
Le despote ne s'appuie que sur l'ignorance et la terreur du peuple ; éclairez-le, il ne craindra plus, et despote ne sera qu'un mot.
Désintéressement, mot tombé en désuétude et dont on a oublié la véritable signification.
L'homme assez faible pour se livrer au désespoir ne mérite point un sort prospère ; la fortune est femme, et les femmes sourient au courage.
Chacun dans ce monde a son mauvais génie ou son démon : le roi a ses ministres, le mari a sa femme, le débiteur a ses créanciers, le riche a la goutte, le pauvre a sa misère, et moi j'ai le percepteur des impôts.
Fille du despotisme et infâme prostituée, la délation accorde ses dégoûtantes faveurs à ceux qui vont à la fortune par le chemin du crime.
Incommode pour celui qui l'éprouve, outrageante pour celui qui en est l'objet, la défiance nuit à tous les deux.
Le défaut le plus sensible, le seul qui ne trouve point grâce, c'est le défaut d'argent.
Deux sortes de personnes sont insatiables, les chercheurs, et l'avare qui court après les richesses.
La terre n'est qu'une ébauche avancée d'un monde qui existe plus parfait dans les cieux.
Les époux s'amassent des reproches et des querelles pour leurs vieux jours.
Celui qui aime le travail a assez de lui-même.
Le seul avantage des souverains est de pouvoir faire plus de bien que les autres hommes.
En s'approchant des plus grands hommes on s'étonne de les trouver si petits.
On n'amasse les richesses qu'avec peine, on ne les possède qu'avec inquiétude, on ne les quitte qu'à regret.
Tout le mal qu'on ne peut éviter est allégé par la patience.
Les dignités sont des pièges entourés de brillants pour qu'on s'y laisse prendre.
Les calamités publiques sont d'autant plus funestes qu'elles n'instruisent et ne corrigent personne.
Autrefois chacun menait sa barque, aujourd'hui tous veulent conduire le vaisseau de l'état.