Joseph Sanial-Dubay.
Sa biographie :
Écrivain, moraliste et politicien français né le 19 mars 1754 à Le Cheylard dans l'Ardèche, Joseph Sanial-Dubay est décédé le 2 juillet 1817 à Paris. Son œuvre la plus connue, et traduite dans de nombreuses langues, est Pensées sur l'homme, le monde et les moeurs publiée en 1813. Il publia une autre version en 1815, augmentée des pensées censurées sous le règne de la tyrannie. Autre oeuvre : Les pensées sur la vie (1815).Les 76 citations de Joseph Sanial-Dubay :
Il faut moins d'esprit pour faire fortune que pour s'en faire honneur.
On aime mieux l'esprit chez soi, et le bon cœur chez les autres.
La négligence dans les petites choses conduit à la négligence dans les plus grandes.
L'abandon n'est que le partage des malheureux, il devrait être uniquement celui des méchants.
L'avidité tient lieu de talent à nombre de gens, et sait leur abréger le chemin de la fortune.
On n'a point encore vu de femme incrédule sur le compte de ses charmes.
Nos défauts ne sont pas la moins chère de nos propriétés.
La vie de la plupart des hommes n'est qu'un pauvre et triste livre, divisé en deux parties : dans la première on voit les sottises, et dans la seconde les repentirs.
L'affectation est la caricature du naturel.
On se plaint de ce qu'un parvenu ne connait plus personne, mais il se méconnaît lui-même.
La profusion des serments n'est bonne qu'à faire des parjures et des dupes.
L'affabilité est l'ornement de la grandeur ; la fierté ne sied que dans l'infortune.
Le fat est tout à la fois l'auteur et l'acteur de la comédie qu'il donne au public.
Un air maniéré est à l'égard de certaines personnes ce que la broderie est aux étoffes dont le fond n'est pas riche.
La fierté ne peut être de saison que contre ceux qui sont assez sots pour se la permettre.
L'homme acquiert de la finesse, la femme naît avec elle.
Les fanfarons d'honneur et de vertu sont encore plus communs que les faux dévots et les faux braves.
Le meilleur ouvrage ne saurait être du goût de tout le monde, parce que chacun a le sien.
L'or, le plus pur des métaux, est le plus grand des corrupteurs.
Il n'est pas de baromètre plus souvent au variable que celui de l'opinion.
Offenser pour un rien et s'offenser de même vont assez ordinairement ensemble.
Le petit maître est un polichinelle animé qui réjouit au premier instant et lasse au second.
Les serments n'inspirent pas plus la confiance qu'ils ne supposent la bonne foi.
Les personnes les plus disposées à se montrer généreuses sont précisément celles qui n'ont pas les moyens de l'être.
La nature créa les plaisirs, et l'homme les excès.
Celui qui nous censure, eût-il cent fois raison, n'a jamais autant d'esprit que celui qui nous admire.
Le plus grand des abus, c'est de les respecter.
Le temps ne parait long qu'à ceux qui ne savent qu'en faire.
La santé est fille de l'exercice et de la tempérance.
L'élégance est dans le discours ce que la politesse est dans les mœurs.
Nous envions souvent dans autrui un bonheur qui ne serait pas le nôtre.
Familier au génie, l'enthousiasme ne le suppose pas toujours, et ne le supplée jamais.
Les emplois sont très multipliés, et cependant il en manque pour les hommes de mérite.
Nous donnerions bien moins de prise sur nous si nous avions nos devoirs à cœur autant que ceux d'autrui.
Nos défauts sont des éclipses de l'âme, qui malheureusement ne sont visibles qu'aux yeux des autres.
La coquetterie est une espèce de féodalité qui a ses vassaux, auxquels elle fait souvent prêter foi et hommages.
La vie du vrai chrétien est le meilleur argument contre les détracteurs de sa religion.
Exercée le plus souvent par celui qui devrait en être l'objet, la censure irrite contre son auteur, et ne corrige personne.
La bonne foi est une monnaie qui finira par n'avoir plus de cours dans le commerce de la vie.
Les richesses placées en des mains avares ou prodigues sont également perdues pour le bonheur.
Chacun parle du bien public, chacun a l'air de le désirer, et chacun l'abandonne ou le sacrifie.
Il est des hommes tellement vils que leur censure est plus honorable que leurs éloges.
L'athée voit tout dans la nature, excepté celui sans qui rien ne serait.
L'athéisme n'est pas seulement une absurdité, c'est encore le comble de l'ingratitude envers Dieu.
Jamais l'industrie des hommes n'a donné autant de formes à l'argent que l'argent leur en ait prendre.
Celui qui se complaît dans l'adulation est le complice de l'adulateur, et mérite de partager le mépris qu'il inspire.
Les pensées neuves et piquantes sont plus rares que les penseurs.
Se déchaîner contre les passions et leur tyrannie semble tenir lieu aux hommes de victoire sur elles.
La politesse est une dorure qui trop souvent ne recouvre qu'un vil métal.
Les pauvres gens que la plupart des riches ! ils ne savent ni faire des heureux ni l'être eux-mêmes.
Le luxe est le plus dangereux fléau de toute société, il engourdit et blase tous les sens, par conséquent amollit l'âme ; il étouffe le besoin, par conséquent le plaisir, que la nature, prudente et sage, a attaché au besoin.
Donner à l'esprit le pas sur le bon sens, c'est préférer le luxe au nécessaire.
Les hommes ne pouvaient pas manquer d'être malheureux ; ils le sont les uns par les autres, et de plus par eux-mêmes.
Les hommes se plaisent à se dire malheureux, mais ils n'aiment pas toujours à passer pour l'être.
La pudeur est une divinité adorée même de ses ennemis.
Une chose qui dépose victorieusement contre la finesse, c'est d'être constamment désavouée par ceux qui y sont le plus sujets.
Le jugement porté sur la femme qu'on aime, ou sur celle qu'on n'aime plus, est également suspect.
Le misanthrope n'a peut-être d'autre tort que d'étendre trop sa haine, et de ne point faire d'exception.
Le misanthrope, qui s'exile du monde parce qu'il y trouve des sots et des méchants, ressemble à un homme qui ne se mettrait point en route parce que les chemins sont raboteux.
Toujours honteux à l'humanité, le serment devrait être à jamais banni d'entre les hommes comme l'acte le plus illusoire et le plus inutile, car il est injurieux à l'honnête homme, et vain pour celui qui ne l'est pas.
L'accueil est une taxe établie par l'usage, et que l'amour-propre et la vanité perçoivent à leur profit.
Une grande adversité est à la vertu ce qu'un buisson est à la brebis, elle n'y passe point sans y laisser un peu de sa toison.
La faiblesse n'est pas le vice, mais elle y conduit ; l'homme méchant fait le mal, l'homme faible le laisse faire.
Rien n'est peut-être plus nuisible aux progrès des arts et du goût qu'une trop grande facilité.
La morale est trop souvent en opposition avec nos goûts pour se trouver du nôtre.
La morale est le vrai, le seul régime du bonheur.
Souvent nous ne sommes taxés d'hommes singuliers que par ceux qui n'ont pas l'esprit ou le courage de l'être.
La singularité naturelle est la seule qui soit piquante et excusable.
Trop semblable aux faux amis, la philosophie de la plupart des hommes les abandonne dans la détresse.
L'admiration est presque toujours l'effet de l'ignorance des causes ; elle est plus souvent fondée sur l'illusion que sur le discernement.
L'air qu'on veut se donner ne vaut pas souvent celui qu'on veut quitter.
Les hommes n'aiment pas toujours ce qu'ils estiment : les femmes n'estiment que ce qu'elles aiment.
La femme n'entend et ne sert jamais plus mal ses intérêts que lorsqu'elle veut être plus que femme.
Il en est des maximes comme des lois : La multiplicité en prouve moins la pratique que la violation.
Si celui qui vise à la singularité ne l'atteint pas toujours, il est au moins assuré d'attraper le ridicule.
Ce n'est pas d'être sage qu'on se met en peine, c'est tout au plus de le paraître.