Jean Dutourd.

Les meilleures citations de Jean Dutourd :

Il n'est jamais grave de mentir sur des sujets essentiels. Il est suicidaire de mentir sur des niaiseries.
Jean Dutourd ; La Gauche la plus bête du monde (1985)

Aristote dit « qu'une chose ne peut être vraie en même temps que son contraire ». Peut-être pas en même temps mais successivement. L'instant d'après.
Jean Dutourd ; Le fond et la forme (1965)

J'ai toujours tendance à penser que l'on réussit mieux ce qu'on fait pour la première fois que ce que l'on fait pour la centième.
Jean Dutourd ; Les pensées (1990)

Il en est de la révolte comme de toute création humaine : Elle ne vaut que par les détails.
Jean Dutourd ; L'école des jocrisses (1970)

On ne comprend guère le mot jeunesse avant trente ans.
Jean Dutourd ; L'âme sensible (1959)

C'est quand on est jeune qu'on a des besoins de revanche. Quand on est vieux, on a réussi ou on n'a pas réussi. Si on n'a pas réussi, on en a pris son parti, si on a réussi on est repu.
Jean Dutourd ; Les pensées (1990)

La philosophie émousse les douleurs, mais en contrepartie, elle affadit le bonheur. Un stoïcien vrai n'est jamais malheureux ; jamais heureux non plus. Bref, le philosophe n'est pas si philosophe qu'il croit.
Jean Dutourd ; Le carnet d'un émigré (1973)

C'est en général quand les choses deviennent impossibles qu'on commence à dire qu'elles sont indispensables.
Jean Dutourd ; Les pensées (1990)

Les condamnations sans appel sont toujours prononcées au milieu des éclats de rire de l'assistance.
Jean Dutourd ; Les pensées (1990)

Mot de Degas : « Quand on ne sait pas, ce n'est pas difficile. Mais quand on sait... » Même chose avec la religion. Tant qu'on est athée, ce n'est pas difficile. Mais lorsqu'on commence à croire...
Jean Dutourd ; Les pensées (1990)

Il faut la même sorte de courage pour aller à la charité que pour aller au feu. Je veux dire que la réaction charitable devant la souffrance ou la misère de quelqu'un demande un violentement de soi semblable à celui de la réaction de bravoure à la guerre. Je suppose qu'il y a aussi peu de gens naturellement charitables que de gens naturellement braves. Les saints et les héros se ressemblent. Beaucoup d'entre eux ne sont arrivés à l'héroïsme et à la sainteté qu'en prenant férocement sur soi.
Jean Dutourd ; Les pensées (1990)

Aimer son lointain, si je puis hasarder ce mot, est une agréable facilité. Le lointain est propre, aseptisé, muet, inodore, abstrait pour tout dire. On ne le connaît que par les photographies des magazines et les reportages frémissants de la télévision. Mais le prochain parle, le prochain se lamente, le prochain pue, le prochain vous envahit et vous dévore.
Jean Dutourd ; Les pensées (1990)

Le mensonge a le charme reposant et sans surprise d'une jolie femme dévêtue avec artifice, maniérée et mutine, comme aimaient à en peindre les peintres officiels de 1880.
Jean Dutourd ; Les pensées (1990)

La Bourse est un champ de bataille où tous les combattants ont peur. C'est à qui s'enfuira le plus vite. Les grands capitaines de la finance le savent et fondent là-dessus leur stratégie. Tel qui se battrait courageusement si la patrie le lui demandait est saisi de panique à l'idée de perdre six points sur une action. Serait-ce que l'argent est plus précieux que la vie ? Eh oui ! Ne le saviez-vous pas ?
Jean Dutourd ; De la France considérée comme une maladie (1982)

Quand une chose est tout à fait claire et évidente, un imbécile ne manque pas de survenir et de déclarer gravement : « Ce n'est pas si simple. » Les imbéciles recherchent le compliqué, l'obscur, le nuageux, l'ambigu – et le créent au besoin – comme les vieilles coquettes qui vivent dans la pénombre afin qu'on ne voie pas leurs rides.
Jean Dutourd ; Le septennat des vaches maigres (1984)

Quand l'administration se met en tête de venir en aide aux gens, elle tombe volontiers à côté.
Jean Dutourd ; De la France considérée comme une maladie (1982)

On gouverne une nation avec de la poésie. Et la poésie, c'est le verbe, c'est la démesure, c'est le miracle, c'est un rêve qui va devenir réalité.
Jean Dutourd ; De la France considérée comme une maladie (1982)

On a coutume de dire que les candidats à un pouvoir quelconque promettent la lune à leurs électeurs, mais que, lorsqu'ils sont élus, c'est une autre chanson. Je n'ai rien remarqué de pareil. La chanson est toujours la même, aussi peu réjouissante avant le vote qu'après.
Jean Dutourd ; De la France considérée comme une maladie (1982)

La politique est très simple, en général. Les hommes politiques voudraient bien mentir, mais ils n'y arrivent jamais tout à fait, c'est trop difficile. Sans compter que la réalité ne se laisse pas faire. On a beau proclamer avec conviction que le blanc est noir, le plus nigaud des électeurs finit toujours par s'apercevoir que ce n'est pas vrai.
Jean Dutourd ; De la France considérée comme une maladie (1982)

Il y a racisme dès que l'on considère que ce que l'on était à sa naissance doit vous coller à la peau toute votre vie, comme une malédiction ou un privilège. On est raciste quand on aime ou qu'on hait quelqu'un non pour ses vertus, pour ce qu'il s'est fait lui-même, pour ce dont il est responsable enfin, mais pour ce dont il n'est pas responsable, c'est-à-dire l'endroit où le ciel l'a jeté.
Jean Dutourd ; De la France considérée comme une maladie (1982)

Il y aura toujours en France des anarchistes qui se fichent de tout, ceux-là ne réussissent rien, même pas à être heureux. J'ai remarqué qu'ils parlent beaucoup plus de la Légion d'honneur qu'ils ont orgueilleusement refusée que ceux qui l'ont modestement acceptée.
Jean Dutourd ; De la France considérée comme une maladie (1982)

Si le verbe « radier » est le plus effrayant de la langue française, le mot « réhabilitation » en est le plus doux.
Jean Dutourd ; De la France considérée comme une maladie (1982)

La véritable émulation n'a pas pour objet autrui, mais soi-même.
Jean Dutourd ; De la France considérée comme une maladie (1982)

Autant il est facile d'être pauvre quand on l'a toujours été, autant il est dur de le devenir quand on a été riche.
Jean Dutourd ; De la France considérée comme une maladie (1982)

Les parents ayant un grain de folie plaisent beaucoup aux enfants ! Ils ont l'impression d'être plus âgés qu'eux, de prendre toutes les responsabilités, ils sont obligés d'avoir de la sagesse et de la prudence pour deux.
Jean Dutourd ; Les mémoires de Mary Watson (1980)

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