Jacques Boutelleau, dit Jacques Chardonne.
Biographie :
Écrivain, romancier et essayiste français né à Barbezieux dans le département de la Charente le 2 janvier 1884, Jacques Chardonne, de son vrai nom Jacques Boutelleau, est mort à La Frette-sur-Seine dans le département du Val-d'Oise le 29 mai 1968. Découvrez sa biographie complète sur Wikipédia.Les 49 citations de Jacques Chardonne :
Il faut de l'âge pour savoir au juste ce que l'on aime.
Les qualités d'un homme ne compensent pas les défauts.
Dans la conversation, on dit quantité de choses, en deux mots.
Les hommes seraient plus heureux si on leur parlait moins du bonheur.
On ne peut rien imaginer de valable sans expérience.
Je doute qu'un homme quitte sa femme uniquement pour l'amour d'une autre. Il va endurer mille ennuis et une tragédie. Pour le soutenir, il faut un motif plus puissant que la passion. Mais la femme est capable d'héroïsme. Elle oublie tout pour l'amour.
Ma solitude me vide l'esprit, je n'ai plus de pensées.
On pardonne tout à la femme qu'on aime. C'est cela qui rend l'amour si étouffant.
Seul à la maison, je peux employer mes soirées à ma guise, me coucher tard et écrire tant qu'il me plaît, ce que j'ai souhaité souvent. Mais j'ai l'esprit ailleurs, un peu là-bas, un peu je ne sais où. Je vais voir des voisins, je me promène bêtement. Si le goût d'écrire n'est pas une passion sauvage qui surmonte tout, on est constamment dérangé ; on est distrait par la femme qui est là et beaucoup plus par son absence.
En littérature, les délicats ont un faible pour les babioles inusitées, et la foule aime tout.
La mort, selon le jour et mon humeur, je la désire, je la repousse.
Nos idées sur les gens et les choses forment nos passions les plus furieuses. Nous sommes conduits par d'ardentes idées bien plus que par nos sentiments, qui tiennent peu de place, quand ils existent.
Comblé par la gloire et la fortune, on éprouve quelque doute sur tant de succès et on va chercher de vrais motifs de contentement à l'abri des hommes, dans cette région intérieure où se replie, pour se consoler de l'injustice, celui à qui la chance a tout refusé.
La même pensée exprimée en peu de mots ou longuement n'est pas du tout la même. Enoncer trop simplement ses idées risque de les faire passer pour négligeables. Dans la vie, il y a une attitude discrète et fière, qui vous retire tout ; il y a une vraie noblesse qui est perdue pour tout le monde.
Le succès dégrise ; le malheur enivre.
Le dernier retranchement du faible, c'est la méfiance. Là, il s'étrangle.
Les yeux dans tes yeux, à genoux, j'aurais passé toute ma vie.
Il faut savoir écarter de sa pensée ce qu'on ne veut pas juger.
L'écrivain vit de ses découvertes, il en fait jusqu'à la fin.
L'ambition c'est la route de la mort.
Persuader un homme que le moment est venu pour lui de se retirer, ce n'est pas facile !
Je ne me suis jamais approché des femmes, je les ai laissées venir. Cela simplifie et on n'est pas encombré. En somme, j'ai toujours laissé venir les choses à moi.
Soyez reconnaissant quand vous avez une femme de bon conseil.
Tout ce que l'on dit sur l'amour, le mariage, la sexualité, c'est invention d'écrivain. L'amour n'existe à peu près pas. C'est une maladie, quand ce n'est pas une invention.
Le plus vrai finit par avoir l'air faux.
Il faut toujours donner à l'auteur l'impression que son livre reçu, lu ou non, on ne peut plus penser à autre chose ; on s'arrête là, à demi étouffé dans la lecture ou l'attente.
Les femmes du monde m'ont presque toujours paru hors du monde. Elles ne savent pas écrire, ni parler, ni recevoir ; elles ne font que des bévues. J'en ai une collection incroyable.
Le communisme, c'est la forme extrême de l'ordre et de la tyrannie.
À présent, je suis à peu près tranquille pour ma mort. Je ne vois guère que l'attaque ou une pneumonie. On peut soigner la pneumonie. Pour l'attaque, c'est différent. Ma femme refuse de me tuer. Il suffit de ne pas appeler le médecin !
Un étranger qui ne sait pas le français ne m'intéresse pas.
L'action demande autant d'activité de pensée que d'autres genres de spéculation. Dans l'action, il y a une sanction. Dans la pensée pure, on est libre, on peut penser n'importe quoi.
L'homme, infidèle aux êtres, est bizarrement fidèle à des choses.
Tout homme est égoïste. Il ne l'est pas assez. S'il l'était davantage, s'il savait se tenir sur ses jambes et se soigner comme il faut, il n'aurait pas besoin des autres et les laisserait tranquilles.
Tout homme est fait pour le célibat, et, de son pas naturel, va droit au célibat ; c'est pourquoi le mariage est toujours un drame, avoué ou non.
Vous êtes comme un moustique : on vous entend, mais on ne sait jamais où vous êtes.
En parlant, j'entends tout ; les femmes surtout. Elles croient qu'elles n'ont pas parlé, que j'ai parlé tout le temps. Elles ont tout dit, sans le savoir. Mais il faut avoir l'oreille fine. Oui, les yeux, les oreilles, c'était ma vie.
Ce qui manque, pour la bonne cuisine, ce n'est pas la théorie, c'est la matière première.
Les placements pour l'outre-tombe ne m'intéressent pas. Mes héritiers auront ce qu'ils auront. Pour ce qu'ils en feront, c'est assez. Le mot héritier n'a plus de sens, dans une société en transformation, où le futur le plus proche n'a aucune forme.
Le Français est un bavard, qui aime la bonne soupe et joue aux boules ; ça lui suffit.
Le pire chez un homme, ce ne sont pas ses crimes, ce sont ses petites saletés.
Je ne suis capable que de sentiments réfléchis. Serait-ce mon fils, rien ne peut infléchir mon jugement. Sans doute, je suis inhumain.
C'est en ne se donnant pas que l'homme reste maître de la femme.
Les auteurs, en général, le travail les cloue à leur table. Pour vous, c'est toujours un voyage. C'est-à-dire, pour vous, écrire, ce n'est rien. Cela s'appelle être doué.
L'alcool, comme tous les poisons, n'est pas poison pour tous. Le grand péché, c'est de boire toute la nuit avec n'importe qui. Une heure, c'est suffisant.
L'écrivain est grand, et le restera. L'homme n'est pas assez grand pour son style. Petite cervelle.
Les hommes d'aujourd'hui ne se sentent pas responsables des fautes de leurs pères.
La Frette, c'est la maison du silence. Il me semble que je suis dans la maison où l'oiseau ne pense qu'à faire son nid. La vieillesse, c'est le repliement sur soi.
Ce qui échappe aux médecins c'est ce qui vient du mental ; et beaucoup en vient, souvent.
Cher ami, comme vous y allez ! Quelle vigueur, vous déplaçant, d'enfer en enfer, par les autoroutes, où l'on va si vite pour n'aller nulle part. Pour moi, les voyages, les déplacements, c'est fini. Je cherche des points fixes. Je n'aime plus que la nature, c'est-à-dire respirer dans le silence aéré.