Hypolite de Livry.
Sa biographie :
Écrivain et critique français né en 1771, Hypolite de Livry est mort à Paris en 1822. De 1808 à 1815, il composa 9 volumes consacrés aux pensées et réflexions sur la vie, les moeurs et l'impatience.Les 42 citations de Hypolite de Livry :
Qu'il est cruel, pour qui voudrait aimer tout le monde, de n'être aimé de personne !
On attribue aux femmes la suprématie dans le bavardage ; j'ai connu, pour mon compte, un assez bon nombre d'hommes chez lesquels la langue avait une telle propension au mouvement qu'aucune circonstance humaine n'eût été capable d'en arrêter l'impulsion.
L'avare a des amis, des parents, des enfants, qu'il chérit, ce sont ses écus.
Les avares, comme les eunuques, ne sont jamais qu'auprès des plaisirs.
Les intérêts niaiseux dont les hommes s'occupent toute leur vie, m'étonneraient beaucoup, si quelque chose pouvait encore m'étonner de leur part.
Plus le coffre-fort d'un avare est pesant, plus la douleur de son héritier est légère.
On ne doit pas plus transiger avec la justice qu'avec la vérité ; quand on commence par faire le mal à moitié, on finit par le faire en entier.
La méfiance est beaucoup plus souvent le produit de la perversité que de l'expérience.
Il n'est pas d'espèce plus mal assortie que l'espèce humaine.
Si l'homme est, comme on l'assure, un composé de vertus et de vices, au moins, ce ne sont pas les premières qui forment la meilleure part de ce composé.
L'abjection des hommes se montre par tant d'endroits, qu'il faudrait être bien peu clairvoyant pour ne pas l'apercevoir.
La boue est beaucoup moins abjecte que l'âme de certains hommes.
Quand on creuse jusqu'à l'homme, que de choses on découvre !
Rien de plus contagieux que le commerce des hommes ; rien de plus rare que d'échapper à la contagion.
C'est une belle vertu que la charité, mais la pratique, en certain cas, en est bien difficile.
On a beaucoup parlé de Dieu, mais je crois que celui qui en a le mieux pensé, est celui qui n'en a rien dit.
Par quelle heureuse faculté, par quel inconcevable moyen, les hommes se rendent-ils si étrangers à l'horreur de leur sort ? Pourquoi la gaieté est-elle toujours sur leurs lèvres, lorsque le tombeau est toujours sous leurs pas ? Pourquoi un rien les fait-il rire, lorsqu'un rien peut les faire mourir ? Pourquoi leur front est-il toujours serein, lorsque le néant devrait sans cesse l'obscurcir de ses vapeurs.
Avec beaucoup d'art, on peut en imposer longtemps, mais les succès de l'art ne seront jamais aussi longs que ceux de la nature.
Ce qui fait que les hommes se trompent si souvent dans leurs jugements ou leurs opinions, c'est que, renfermés dans l'étroite enceinte de leur sphère, ils nous donnent des aperçus particuliers pour des aperçus généraux.
Si les femmes ne faisaient pas partie du monde, il y a beau temps que je n'en ferais plus partie moi-même.
Je me méfie beaucoup plus des dévots de profession que des voleurs de profession ; car ceux-ci n'en veulent qu'à votre bourse, au lieu que les autres en veulent à vous et aux vôtres ; leur haine infatigable vous poursuivrait jusqu'à la millième génération, si la mort ne l'arrêtait pas dans sa marche.
Le cœur de la plupart des hommes est sans doute fait comme un crible, voilà pourquoi tout passe à travers.
En voyant la manière dont les hommes usent de leur vie, on ne pourrait guère soupçonner qu'ils en connaissent le peu de durée ; il n'est assurément personne qui, en les voyant passer leur temps comme les animaux, à boire, manger et se divertir, n'imaginât qu'ils sont comme eux dans l'ignorance de leur sort futur.
Toujours on a censuré l'ambition, et toujours il y a eu des ambitieux, parce que toujours il y a eu des fous.
De toutes les énigmes de la nature, l'homme est bien certainement la plus grande.
Il faut que les hommes aient pour le néant une prédilection bien particulière ; car, quelques efforts que la nature fasse pour les en arracher quelques instants, ils ne veulent pas absolument en sortir.
Les richesses nouvellement acquises exercent presque toujours, sur le cœur, la même action que l'air ou l'eau sur certains bois.
Dans toutes les routes frayées par les hommes, les vices ont si souvent, et depuis si longtemps, passé sur les traces des vertus, qu'ils en ont entièrement effacé l'empreinte.
Quelle idée doit-on avoir des hommes, quand on pense que ceux dont on avait eu la meilleure opinion, vous crèvent l'un après l'autre dans la main ?
Les morsures de la médisance communiquent plus rapidement leur venin que celle de la rage, et personne n'en guérit.
Quand on voit le monde comme il est, on ne l'aime guère.
Quand la corruption et la folie règnent exclusivement parmi les hommes, il faut longtemps avant de recevoir le prix d'une bonne chose, soutenir le choc de l'indifférence qu'elle inspire. Ou bien, sur une terre aride, les fruits mûrissant lentement, se cueillent fort tard. Ou bien, dans un terrain empoisonné par les vices, les vertus prennent difficilement racine.
La médiocrité, est selon moi, pire que le mauvais ; car celui-ci au moins a une couleur, et l'autre n'en a pas.
Il y a des gens qui ne vivent jamais avec leurs sensations.
La prévention a seule ce caractère affreux que rien ne saurait en détruire les effets : née de la calomnie, elle ne meurt point avec elle.
L'hypocrisie est le manteau du dévot.
Il n'est point de liaisons durables entre les hommes, si elles ne sont fondées sur le mérite et sur la vertu.
Souvent l'émulation ne s'éveille pas à la voix du sang, on aime mieux envier son parent que l'imiter.
Autant le mérite enflamme une belle âme, autant il importune une créature abjecte.
Il vaut mieux suspendre une bonne action que de risquer, en la précipitant, d'en faire une mauvaise.
Quoique la médisance ne soit pas un mal en elle-même, puisque tout le monde est en droit de signaler le vice, elle en est souvent un par le mauvais usage qu'on en fait, et les inconvénients qu'elle peut entraîner.
L'égoïste est un être affreux : celui qui, au milieu de ses semblables, ne vit que pour lui, qui prend tout chez les autres, et ne rend rien à personne, est un monstre social.