Louis-Auguste Martin

Biographie :

Louis-Auguste Martin

Moraliste, philosophe et écrivain français né le 25 avril 1811 à Paris, Louis-Auguste Martin est mort le 6 avril 1875 à Paris.

Les 40 citations de Louis-Auguste Martin :

Le cœur une fois ulcéré de haine s'en guérit mal ; l'amour-propre vient l'aggraver par la justification de ses motifs, et lui commande de s'obstiner jusqu'après le triomphe, quand l'ennemi est par terre, abattu, suppliant ou mort. Mais rarement elle survit à son objet, car c'est le sentiment le plus lâche, la tyrannie la plus odieuse, le fanatisme le plus révoltant qui ne brise pas sa dent au marbre de la tombe, et qui porte un homme, ou une secte, ou un parti à s'acharner sur un ennemi vaincu ou mort.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

La haine est un sentiment de répulsion que la vue ou le souvenir d'une personne ou d'une chose soulève en nous, uni parfois à l'intention de lui nuire ou de s'en défaire.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

Un des funestes résultats de la guerre, c'est d'endurcir le cœur de l'homme ; si, d'un côté, elle le pousse à faire bon marché de sa vie, elle l'habitue, de l'autre, à faire également bon marché de la vie de ses semblables, et à n'avoir raison d'eux que par l’épée : et qu'arriverait-il, en effet, si, au milieu d'une bataille, le soldat, ému de compassion en face d'une poitrine palpitante, hésitait à frapper ?
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

Les premières victimes de la guerre sont ses instruments eux-mêmes qu'on recrute par masses, qu'on soumet aux épreuves les plus rudes, et qu'on discipline à bien tuer et à bien recevoir la mort.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

Bien que l'héroïsme guerrier s'élève sur des meurtres et des ruines accomplies avec plus ou moins de sang-froid et d'habileté, rien ne fascine comme la vue d'un homme marchant résolument aux plus grands périls, soufflant d'un mot tout son courage à des milliers d'hommes, se multipliant lui-même en eux, puis s'animant à la guerre par les succès mêmes.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

Tant qu'on trouve des bras disposés à combattre, des bouches ouvertes pour applaudir, et un pays assez riche pour payer les frais de la guerre, on y retourne comme le joueur au jeu, et l'on colore son ambition du prétexte de salut public ou de l'honneur national à venger.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

L'épée ne rentre pas aussi facilement dans le fourreau qu'elle en est sortie ; le sang, loin de la désaltérer, l'excite davantage.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

La perte d'une bataille, comme les pertes de jeu, demande une contrepartie : le vaincu ramassera de nouvelles forces, retrempera ses armes et son courage ; de son côté, le vainqueur, confiant en lui-même, ou insatiable de victoires, ne se reposera pas longtemps sur un premier succès, et s'élancera de nouveau sur le champ de bataille, poudreux encore de son dernier combat.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

Les fruits de la conquête ne profitent pas mieux que ceux du vol ; les victimes ne tardent pas à prendre leur revanche, et les sujets du conquérant se lassent bientôt de ces guerres interminables, profitables à lui seul, désastreuses pour eux.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

On a si peur du néant, que l'espoir d'une autre vie ne rassure pas complétement, et l'on tient à laisser ici-bas même quelque chose d'immortel. Le désir de la gloire n'est autre chose que le sentiment de la vie qui essaye de repousser la mort, l'instinct d'une grande âme qui pressent son immortalité.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

Tout homme à l'âme élevée se sent trop à l'étroit dans le court espace de la vie ; il aspire à laisser de lui quelque chose dont s'entretienne le monde, qui le fasse vivre après sa mort, et influer, par l'exemple de ses actions ou par des œuvres toujours vivantes, sur un avenir qu'il ne verra pas.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

Le fanatisme, en revêtant la religion d'attributs terribles, en a fait plutôt un objet d'effroi qu'un objet d’amour ; et quoique la véritable foi religieuse soit un élan instinctif vers l'infini, notre imagination, ne pouvant se contenter d'une croyance intime, a voulu la consacrer par des signes extérieurs, proposés à l'adoration des hommes. Bien que la philosophie moderne ait battu en brèche la doctrine qui fait reposer la moralité sur des traditions merveilleuses particulières à chaque peuple, elle est encore soutenue par quelques esprits distingués.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

Le bon sens de chacun est capable de peser ensemble, et les motifs de confiance que les paroles d'un homme portent avec elles, et le degré de véracité qui brille autour de l'objet proposé à notre foi.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

Comme la pudeur est le plus bel ornement de la beauté, la modestie est le plus bel ornement de l'esprit ; il tire toute sa valeur de la réserve et de l'à-propos de son emploi.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

L'homme est libre dès qu'il résiste, car s'il ne peut jamais atteindre à une liberté absolue, son indépendance consistera, du moins, à pouvoir obéir aux mouvements de sa propre volonté, eût-elle la passion pour mobile, et à exprimer tout haut les vœux de son âme.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

La terreur est la première et la plus puissante auxiliaire du despotisme.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

La foi est la croyance en la parole d'autrui, c'est l'abandon de notre conscience à sa conscience, marque non équivoque de l'estime et de la considération dont nous le jugeons digne.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

L'esclavage est la condition d'un homme dont les membres n'agissent plus par lui-même, dont la volonté est supprimée par une autre volonté, dont toute l'individualité, enfin, est anéantie dans une autre individualité.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

La témérité qui se jette au-devant d'un péril inconnu succombe aisément au premier échec.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

La pensée humaine roulerait toujours sur elle-même en se creusant un abîme, sans fond de questions insolubles, si elle n'avait un terme où se reposer. Eh bien, la foi en un principe quelconque, est un but auquel on peut rattacher son âme et demander du courage pour l'action, de la persévérance pour le travail, de l'ardeur pour la vertu.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

La crainte et les menaces font, comme l'intérêt, céder la conscience. Les esprits faibles, les caractères irrésolus ne tiennent pas longtemps contre l'injustice et la terreur ; celles-ci emportent leurs bonnes résolutions, et font couler peu à peu leur foi comme par un tamis.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

La sainteté du serment exige une grande réserve, puisque c'est livrer sa conscience irrévocablement ; mais comme, pour un seul mot qu'il coûte, il rapporte souvent mille profits, on le jure pour obtenir ce qu'on ambitionne, puis on le parjure aussitôt son intérêt épuisé, ou quand on veut, en cumulant les serments, cumuler leurs bénéfices.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

La foi est la fidélité à nos propres sentiments et à nos propres paroles ; c'est le respect de nous-mêmes appliqué à nos relations sociales. Il y a la foi spontanée et la foi promise ; la première est l'accomplissement libre et constant des obligations que la probité nous commande, c'est la bonne foi. La deuxième est le serment ou la promesse solennelle qu'on fait de remplir un devoir naturel ou conventionnel ; chaîne sacrée qui lie nos mains libres plus que les fers de l'esclavage, car elle asservit l'homme à l'homme par l'honneur, afin que dans des circonstances prévues ou éventuelles ils puissent compter l'un sur l'autre.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

La valeur des œuvres du génie s'augmente beaucoup des difficultés vaincues, et comme rarement il trouve le chemin frayé, dégagé d'obstacles, le mérite de la lutte précède d'ordinaire celui du triomphe.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)

Le génie, stimulé par l'enthousiasme ou la foi, enfante des actions d'éclat et de dévouement, ou des chefs-d'œuvre d'industrie, de littérature et d'art ; les guerres, les révolutions, tous les grands événements sont les occasions les plus favorables à son libre essor.
Louis-Auguste Martin ; Esprit moral du XIXe siècle (1855)