Jules Renard (2)

Les citations de Jules Renard :

La gloire d'hier ne compte plus ; celle d'aujourd'hui est trop fade, et je ne désire que celle de demain.
Jules Renard ; Journal du 20 mars 1894.

Le soleil ne s'est pas levé aujourd'hui. Il a sucé un peu de neige et s'est recouché, bien affaibli.
Jules Renard ; Journal du 16 mars 1894.

Notre vie, c'était comme un lac d'amitié traversé par un courant d'amour.
Jules Renard ; Journal du 15 mars 1894.

Un teint d'une telle sensibilité qu'il change avec les nuages, comme la mer.
Jules Renard ; Journal du 4 février 1894.

Il marchait sans bruit, comme un poisson.
Jules Renard ; Journal du 4 février 1894.

Les enfants devraient être des apparitions facultatives.
Jules Renard ; Journal du 4 février 1894.

Le ciel est plein d'yeux sanglants. Le ciel, la plus belle queue de paon du monde.
Jules Renard ; Journal du 2 février 1894.

La bonne, dans sa cuisine, fait beaucoup de tapage en remuant ses casseroles pour couvrir le bruit du monsieur dérangé, à côté dans les cabinets.
Jules Renard ; Journal du 12 janvier 1894.

Il consentait à manger très mal au restaurant parce que le patron le connaissait très bien, tout en l'appelant toujours d'un faux nom, autre que le sien.
Jules Renard ; Journal du 11 janvier 1894.

Le cheval s'emportant et caracolant, la locomotive eut peur et dérailla.
Jules Renard ; Journal du 11 janvier 1894.

Une langue comme cette huître qu'on appelle pied-de-cheval.
Jules Renard ; Journal du 11 janvier 1894.

Des regards comme des éclairs de chaleur.
Jules Renard ; Journal du 11 janvier 1894.

Dès que je commence un rêve, je le vois déjà irréalisable, et tout de même ça m'amuse tristement de l'achever.
Jules Renard ; Journal du 9 janvier 1894.

Les feuilles bruissent comme un jupon empesé.
Jules Renard ; Journal du 3 janvier 1894.

Le Christ n'est plus qu'un sujet littéraire à la mode.
Jules Renard ; Journal du 26 décembre 1893.

Mal nourris, tous mes projets sont morts de faim.
Jules Renard ; Journal du 21 novembre 1893.

Tire, traîne ton filet : tu ramèneras peut-être dedans quelques menus bonheurs.
Jules Renard ; Journal du 18 septembre 1893.

Ayant quelques sous, je me suis dit : « Si je cherche à en gagner d'autres, les gens me blâmeront, puisque j'en ai déjà. Et, si je me contente de ce que j'ai, les gens ne me trouveront aucun mérite à faire de l'art pour l'art, puisque je n'ai pas besoin de gagner ma vie. » Et, après ce raisonnement un peu dur, j'ai fait ce que j'ai voulu.
Jules Renard ; Journal du 6 septembre 1893.

Si j'épousais un chauve, dit la jeune fille, je l'embrasserais partout, excepté sur le crâne.
Jules Renard ; Journal du 6 septembre 1893.

Heureux dans un coin pas plus grand qu'une étoile.
Jules Renard ; Journal du 20 juin 1893.

Il était si sale que, quand un chien le léchait, on pouvait penser que c'était pour le nettoyer.
Jules Renard ; Journal du 15 juin 1893.

Toute sa vie il eut l'esprit gros, mais il n'en naquit jamais rien.
Jules Renard ; Journal du 1er avril 1893.

Je promets rarement, mais quand je promets je ne tiens jamais.
Jules Renard ; Journal du 4 mars 1893.

Le monde m'a blessé la vue, et je vais devenir aveugle.
Jules Renard ; Journal du 24 janvier 1893.

Ma tête est une fleur, mais une fleur montée, et elle doit avoir un fil de fer dans la gorge.
Jules Renard ; Journal du 31 août 1892.