Jules Renard (2)

Les citations de Jules Renard :

Ma tête biscornue fait péter tous les clichés.
Jules Renard ; Journal du 8 août 1891.

Il y a des seins qui fondent dans la main de l'amant.
Jules Renard ; Journal du 3 juillet 1900.

J'aime mieux être impoli que banal.
Jules Renard ; Journal du 26 juin 1900.

Je voudrais être l'homme d'un seul rêve.
Jules Renard ; Journal du 19 juin 1900.

La rivière déborde, et les bœufs, inquiets, traversent la mer.
Jules Renard ; Journal du 19 juin 1900.

Un combat de nuages. Quelques-uns reviennent, comme blessés, vidés.
Jules Renard ; Journal du 19 juin 1900.

Vous pleurez, madame ? Ah ! prenez garde à votre peinture !
Jules Renard ; Journal du 18 juin 1900.

Maintenant, il faut lire entre les lignes du téléphone.
Jules Renard ; Journal du 18 juin 1900.

Il y a des moments où la vie abuse ; l'art doit se garder de toute exagération.
Jules Renard ; Journal du 18 juin 1900.

J'ai la maladie de la prose comme j'ai eu celle du vers. Après, en quoi vais-je écrire ?
Jules Renard ; Journal du 16 juin 1900.

Les jets du ventre en avant ne sont que lubriques, mais le roulis des fesses, des hanches, des seins, des épaules, et le petit va-et-vient de la tête, c'est très bien.
Jules Renard ; Journal du 12 juin 1900.

J'aimerais à gagner beaucoup d'argent, pour le plaisir de dire, en versant sur la table l'or et les billets pliés comme des mouchoirs de poche : « Voilà, payez-vous ! » Tantôt je réclame toute justice et je donne deux sous comme un sou à mes pauvres, tantôt je veux, moi aussi, lutter pour mes pauvres.
Jules Renard ; Journal du 10 juillet 1894.

Pour arriver, il faut mettre de l'eau dans son vin, jusqu'à ce qu'il l'y ait plus de vin.
Jules Renard ; Journal du 3 juillet 1894.

De petits nuages blancs montent de la terre comme si on lui tondait la laine sur le dos.
Jules Renard ; Journal du 1er juillet 1894.

Il était si laid que, lorsqu'il faisait des grimaces, il l'était moins.
Jules Renard ; Journal du 4 décembre 1891.

À la manière dont il... se fouillait le nez, je vis quel était son genre de talent.
Jules Renard ; Journal du 29 mai 1894.

Mon cœur était pour vous comme une chaudière brûlante, mais, d'une main maladroite, vous avez renversé la vapeur.
Jules Renard ; Journal du 25 mai 1894.

Un orage comme on n'en avait pas vu depuis plus de trente ans, comme tous les orages, enfin.
Jules Renard ; Journal du 21 mai 1894.

Il fait calme : mon paysage est au fond de la mer.
Jules Renard ; Journal du 16 mai 1894.

Un singe a grimpé dans l'arbre de ma vie, et me fait la grimace au plus haut de ses branches.
Jules Renard ; Journal du 16 mai 1894.

Un sommeil d'enfant que ne troubleraient pas même des cris d'enfant.
Jules Renard ; Journal du 9 mai 1894.

Rêve de grandes choses, cela te permettra d'en faire au moins de toutes petites.
Jules Renard ; Journal du 9 mai 1894.

Quand le merle voit les vendangeurs entrer dans la vigne, il s'étonne surtout de les voir qui n'ont pas, comme lui, peur de l'épouvantail.
Jules Renard ; Journal du 9 mai 1894.

Il faut bien laisser refroidir sa prose, comme une crème avant d'y goûter.
Jules Renard ; Journal du 7 mai 1894.

J'aime la pluie qui dure un jour, et je ne me crois bien à la campagne que quand je suis crotté.
Jules Renard ; Journal du 21 avril 1894.