Joseph Michel Antoine Servan (2)

Les meilleures citations de Joseph Michel Antoine Servan :

Un grand emploi est une balance où l'on pèse au juste le mérite qu'on n'avait auparavant qu'évalué ; peu y gagnent, presque tous y souffrent du déchet.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

Nous sommes aussi difficiles sur l'admiration des choses habituelles, que faciles sur celle des choses nouvelles. Ainsi l'estime que nous faisons des choses étant toujours proportionnée au goût qu'elles nous inspirent, et ce goût étant variable par notre nature même, nous ne pouvons avoir de mesure juste sur rien.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

Le malheur du bonheur, c'est la satiété ; et le bonheur du malheur, c'est l'espérance.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

La calomnie tue à coup d'épingles ceux qui la craignent.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

L'égoïsme est cette erreur qui consiste à croire que le bonheur de nos semblables est indifférent au nôtre, et que nous pouvons être heureux, tandis qu'ils ne le sont pas.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

La douceur est cette disposition qui fait qu'on n'oppose aucune résistance aux désirs des autres hommes. Cette disposition peut être l'effet de la faiblesse ou de la force de l'âme.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

Souvent on ne se plaint des autres que pour persuader aux autres et à soi-même qu'on n'a point de tort. On se dispense de faire des adieux sous prétexte de cacher sa douleur ; mais souvent en effet pour cacher son indifférence.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

Dans les temps de dissensions civiles, chaque faction ne se défend des injures qu'elle craint de recevoir, ou qu'elle prétend avoir reçues, qu'en tachant de faire à ses ennemis de plus grands outrages. Comme la haine est extrême de part et d'autre, on la croit incurable ; et l'on suppose d'abord que toute réconciliation est impossible, opinion qui la rend réellement impossible.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

Les défauts plaisent dans certains caractères comme les incorrections du style plaisent parmi des beautés, ou comme une masse d'ombre repose l'œil dans un tableau très éclairé ; et tout cela par la même raison : l'esprit aime la variété, et surtout les contrastes, parce qu'au plaisir de la diversité, les contrastes ajoutent celui de l'étonnement.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

Un des principes de la crédulité du peuple est que les choses extraordinaires qu'on lui débite doivent être vraies puisqu'on ose les dire ; par là même, plus elles sont incroyables, plus il les croit : ainsi tout chef de secte n'a rien tant à craindre, que de mettre de la raison dans sa conduite et dans ses opinions.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

Une des qualités les plus rares de l'esprit de conversation, et de tout esprit, est de savoir prendre le ton des choses.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

L'excès ou l'abus de la constance est l'obstination ; elle est à la fermeté ce que la prodigalité est à la libéralité.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

L'esprit de suite n'est guère moins rare en France que la fougue du génie.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

Un homme persévérant est plus sûr de faire naître une telle volonté dans telle tête, qu'un jardinier telle fleur étrangère dans tel terrain.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

L'esprit de suite est fort rare : aussi dans toutes les parties on ne trouve presque que des hommes commencés, nul talent, nul savoir, nulle vertu, ne reçoit son juste développement, on raisonne beaucoup plus qu'on ne conclut, on conclut bien plus qu'on ne résout, et l'on résout fort au-delà de ce qu'on fait.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

Les trop grandes promesses ne sont qu'un vent qui éteint la confiance, ou bien la confiance s'étouffe sous le volume des promesses.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

Une confiance pleine et sans mesure réveille quelquefois l'honneur dans l'âme d'un fripon.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

Un homme qui s'emporte promptement et s'apaise de même s'enflamme comme le salpêtre, mais sans laisser d'odeur ni de fumée.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

La vérité consiste à ne rien dire qui ne soit vrai, et la circonspection à ne pas dire les vérités qui peuvent nuire. Il est bien plus commun de savoir parler, que de savoir quand il faut parler. Agissez dans la société avec la même vérité que si vous étiez dans la plus profonde solitude, mais agissez dans la solitude avec la même retenue que si vous étiez au milieu de la société. Un homme qui se tait ressemble à un cabinet fermé, personne n'oserait assurer qu'il n'y a pas là une bibliothèque.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

Vouloir censurer tous les ridicules est le plus grand des ridicules. Il faut pour l'ordinaire un plus grand mérite pour supporter une juste censure que pour obtenir une juste louange ; il est peu d'hommes qui ne se rendent dignes de quelque éloge, il en est bien peu qui sachent souffrir le blâme qu'ils ont mérité.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

La politesse s'appelle savoir vivre.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

Le caractère est un cercle, on y tourne toute sa vie , on n'en sort jamais.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

Une erreur commune à tous les hommes, c'est de se figurer le bonheur dans le repos et les plaisirs réels ; il consiste plutôt dans un désir et un travail modéré, soutenu par les plaisirs d'opinion que donne une espérance raisonnable et prochaine.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

Ce qui est appelé amitié entre les bons est conjuration entre les méchants.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

L'homme sage ne joue jamais, ou ne joue qu'une sorte de jeu de commerce que les besoins et la société lui rendent nécessaire ; à ce jeu où il entre et reste le moins qu'il peut, il ne hasarde jamais rien de ce qu'il a, que sur la plus grande probabilité de gagner mieux.
Joseph Michel Antoine Servan ; Extrait d'un portefeuille (1807)

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