Jean-Jacques Rousseau (4)

Les citations de Jean-Jacques Rousseau :

L'amour de sa flamme honore et purifie toutes ses caresses ; la décence et l'honnêteté l'accompagnent au sein de la volupté même, et lui seul sait tout accorder aux désirs sans rien ôter à la pudeur.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

Le cœur ne suit point les sens, il les guide : il couvre leurs égarements d'un voile délicieux.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

Le véritable amour, toujours modeste, n'arrache point les faveurs avec audace, il les dérobe avec timidité.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

On a fait l'amour aveugle parce qu'il a de meilleurs yeux que nous pour voir.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

Le physique est le désir qui porte un sexe à s'unir à l'autre.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

L'imagination ne pare plus rien de ce qu'on possède : l'illusion cesse où commence la jouissance.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

Le pays des chimères est en ce monde le seul digne d'être habité.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

Tant qu'on désire on peut se passer d'être heureux, on s'attend à le devenir.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

Le malheur tient lieu de force pour vaincre la nature, et triompher des tentations. On a peu de désirs quand on souffre, et souvent une grande passion malheureuse est un grand moyen de sagesse.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

Plus le corps est faible, plus il commande ; plus il est fort, plus il obéit. Toutes les passions sensuelles logent dans des corps efféminés ; ils s'en irritent d'autant plus qu'ils peuvent moins les satisfaire.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

Chaque âge a ses ressorts qui le font mouvoir, mais l'homme est toujours le même. À dix ans il est mené par les amusements ; à vingt ans, par une petite amie ; à trente, par les plaisirs ; à quarante, par l'ambition ; à cinquante, par l'avarice. Quand ne cour-t-il qu'après la sagesse ? Heureux celui qu'on y conduit malgré lui !
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

La jeunesse du sage est le temps de ses expériences ; ses passions en sont les instruments : mais après avoir appliqué son âme aux objets extérieurs pour les sentir, il la retire au dedans de lui pour les considérer, les comparer, les connaître ; et bientôt il ne lui reste plus d'objet à regarder que lui-même, ni de jouissance à goûter que celle de la sagesse.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

La sublime raison ne se soutient que par la même vigueur de l'âme qui fait les grandes passions ; et l'on ne sert dignement la philosophie, qu'avec le même feu qu'on sent pour une maîtresse.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

La philosophie n'est souvent qu'un trompeur étalage qui ne consiste qu'en vains discours ; ce n'est qu'un fantôme, une ombre, qui nous excite à menacer de loin les passions, et nous laisse comme un faux brave à leur approche.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

Tous les sentiments que nous dominons sont légitimes ; tous ceux qui nous dominent sont criminels.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

Toutes les passions sont bonnes, à condition qu'on en reste le maître.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

L'habitude de passer sa vie à dire des riens rétrécit l'esprit.
Jean-Jacques Rousseau ; Julie, ou La nouvelle Héloïse (1761)

La source de toutes les passions est la sensibilité : l'imagination détermine leur pente, et ce sont les erreurs de l'imagination qui transforment en vices les passions de tous les êtres bornés, même celles des anges, s'ils en ont.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

La cause qui fait cesser d'aimer peut être un vice ; celle qui change un tendre amour en une amitié non moins vive ne saurait être équivoque, c'est le vrai triomphe de la vertu.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

Un riche, un homme dans l'abondance, n'a de véritable ami, que celui qui n'est pas la dupe des apparences, et qui le plaint plus qu'il ne l'envie, malgré sa prospérité.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

Dans une société très intime les styles se rapprochent ainsi que les caractères ; les amis, confondant leurs âmes, confondent aussi leurs manières de penser, de sentir et de dire.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

Tout le charme de la société, qui règne entre de vrais amis, consiste dans cette ouverture de cœur qui met en commun tous les sentiments, toutes les pensées, et qui fait que chacun, se sentant tel qu'il doit être, se montre à tous tel qu'il est.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

Les épanchements de l'amitié se retiennent devant un témoin quel qu'il soit. Il y a mille secrets que trois amis doivent savoir, et qu'ils ne peuvent se dire que deux à deux.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

Les consolations indiscrètes ne font qu'aigrir les violentes afflictions. L'indifférence et la froideur trouvent aisément des paroles, mais la tristesse et le silence sont alors le vrai langage de l'amitié.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)

Il est des amitiés circonspectes, qui, craignant de se compromettre, refusent des conseils dans les occasions difficiles, et dont la réserve augmente avec le péril des amis ; mais une amitié véritable ne connaît point ces timides précautions.
Jean-Jacques Rousseau ; Esprit, maximes et principes (1764)