Gustave Flaubert (2)

Les citations et pensées de Gustave Flaubert :

Il est de certaines fonctions où l'on est presque forcé de prendre une femme, comme il y a certaines fortunes où il serait honteux de ne pas avoir d'équipage.
Gustave Flaubert ; Lettre à Ernest Chevalier, le 15 juin 1845.

Travaille, travaille, écris, écris tant que tu pourras , tant que la muse t'emportera. C'est là le meilleur coursier, le meilleur carrosse pour se voiturer dans la vie. La lassitude de l'existence ne nous pèse pas aux épaules quand nous composons.
Gustave Flaubert ; Lettre à Alfred Le Poittevin, le 22 septembre 1845.

Dans le temps que je n'avais à me plaindre de rien, je me trouvais bien plus à plaindre. Après tout, cela tient peut-être à l'exercice. À force de s'élargir pour la souffrance, l'âme en arrive à des capacités prodigieuses : ce qui la comblait naguère à la faire crever, en couvre à peine le fond maintenant.
Gustave Flaubert ; Lettre à Maxime Du Camp, le 7 avril 1846.

Je crois que le dogme d'une vie future a été inventé par la peur de la mort ou l'envie de lui rattraper quelque chose.
Gustave Flaubert ; Lettre à Maxime Du Camp, le 7 avril 1846.

As-tu réfléchi combien nous sommes organisés pour le malheur ? On s'évanouit dans la volupté, jamais dans la peine. Les larmes sont pour le cœur ce que l'eau est pour les poissons.
Gustave Flaubert ; Lettre à Maxime Du Camp, le 7 avril 1846.

Il faut lire, méditer beaucoup, toujours penser au style et écrire le moins qu'on peut, uniquement pour calmer l'irritation de l'idée qui demande à prendre une forme et qui se retourne en nous jusqu'à ce que nous lui en ayons trouvé une exacte, précise, adéquate à elle-même.
Gustave Flaubert ; Lettre à Louise Colet, le 13 décembre 1846.

Malgré toute ma peine et le sel que j'y mettrai, j'arrive à faire des vers mi-sel. À force de répéter la même chose je n'ai l'air que d'un vert-vert ; c'est un air de père-roquet, et avec tous ces vers-là, j'ai l'air lune-attique !
Gustave Flaubert ; Lettre à Ernest Chevalier, le 29 mars 1841.

La science est encore la moins ennuyeuse des bêtises ; j'aime mieux un livre que le billard, mieux une bibliothèque qu'un café, c'est une gourmandise qui, si elle rend puant, ne fait jamais vomir.
Gustave Flaubert ; Lettre à Ernest Chevalier, le 29 mars 1841.

L'Art comme une étoile, voit la terre rouler sans s'en émouvoir, scintillant dans son azur ; le beau ne se détache pas du ciel.
Gustave Flaubert ; Lettre à Louise Colet, le 30 août 1846.

Tout est là : l'amour de l'Art.
Gustave Flaubert ; Les pensées de Gustave Flaubert (1915)

Quand on a quelque valeur, chercher le succès c'est se gâter à plaisir, et chercher la gloire c'est peut-être se perdre complètement.
Gustave Flaubert ; Lettre à Louise Colet, le 23 octobre 1846.

Quand on voyage en Corse, on mange et on couche dans la première maison venue, dont on vous ouvre la porte à toute heure du jour et de la nuit. On ne paye jamais, et la coutume est seulement d'embrasser ses hôtes, qui vous demandent votre nom en partant. C'est un si drôle de pays que le préfet même ne peut s'empêcher d'aimer les bandits, quoiqu'il leur fasse donner la chasse.
Gustave Flaubert ; Lettre à sa sœur Caroline, le 6 octobre 1840.

J'ai toujours aimé à chier sur l'herbe et à boire du cidre sous la tonnelle.
Gustave Flaubert ; Lettre à Ernest Chevalier, le 22 juin 1840.

Quelle plate bêtise de toujours vanter le mensonge et de dire : la poésie vit d'illusions ; comme si la désillusion n'était pas cent fois plus poétique par elle-même. Ce sont du reste deux mots d'une riche ineptie.
Gustave Flaubert ; Les pensées de Gustave Flaubert (1915)

Plus je vais, et plus je me sens incapable de vivre de la vie de tous, de participer aux joies de la famille, de m'échauffer pour ce qui enthousiasme, et de me faire rougir à ce qui indigne. Je m'efforce tant que je peux de cacher le sanctuaire de mon âme : peine inule, hélas ! les rayons percent au dehors et décèlent le Dieu intérieur. J'ai bien une sérénité profonde, mais tout me trouble à la surface ; il est plus facile de commander à son cœur qu'à son visage.
Gustave Flaubert ; Lettre à Alfred Le Poittevin, le 15 avril 1845.

Pour qu’on se plaise quelque part il faut qu’on y vive depuis longtemps. Ce n'est pas en un jour qu'on échauffe son nid et qu'on s'y trouve bien. Dans la journée ça va encore ; mais c'est le soir, quand je suis rentré et que je me trouve dans cette chambre vide, que je pense à Rouen.
Gustave Flaubert ; Lettre à sa sœur Caroline, fin avril 1843.

Je suis trop triste pour rire, trop ennuyé pour bien écrire ; ma douleur est bête, incolore ; c'est un orage sans éclair et avec une pluie sale. Adieu, tout à toi, tu sais comme je t'aime.
Gustave Flaubert ; Lettre à Ernest Chevalier, le 21 avril 1840.

La somme de félicité départie à chacun de nous est mince et quand nous en avons dépensé quelque peu, nous sommes tout moroses.
Gustave Flaubert ; Les pensées de Gustave Flaubert (1915)

Je suis parvenu à avoir la ferme conviction que la vanité est la base de tout, et enfin que ce qu'on appelle conscience n'est que la vanité intérieure.
Gustave Flaubert ; Les pensées de Gustave Flaubert (1915)

En littérature comme en gastronomie, il est certains fruits qu'on mange à pleine bouche, dont on a le gosier plein, et si succulents que le jus pénètre jusqu'au cœur.
Gustave Flaubert ; Les pensées de Gustave Flaubert (1915)

Les journées heureuses m'en font mille mauvaises, la joie m'attriste quand elle est passée, les jours de fête ont toujours pour moi de tristes lendemains.
Gustave Flaubert ; Lettre à Ernest Chevalier, le 21 avril 1840.

Ô l'avenir, horizon rose aux formes superbes, aux nuages d'or, où votre pensée vous caresse, où le cœur part en extase et qui, à mesure qu'on s'avance, recule, recule et s'en va !
Gustave Flaubert ; Lettre à Ernest Chevalier, le 19 janvier 1840.

Le passé, ce fantôme qu'on ne touche pas mais qu'on voit, qu'on flaire, comme un lièvre mort : on l'a vu courir, sauter dans la plaine et le voilà sur la table.
Gustave Flaubert ; Lettre à Ernest Chevalier, le 19 janvier 1840.

Tout beau se compose du tragique et du bouffon.
Gustave Flaubert ; Lettre à Ernest Chevalier, le 19 janvier 1840.

L'existence, après tout, n'est-elle pas comme le lièvre quelque chose de cursif qui fait un bond dans la plaine, qui sort d'un bois plein de ténèbres pour se jeter dans une marnière, dans un grand trou creux ?
Gustave Flaubert ; Lettre à Ernest Chevalier, le 19 janvier 1840.

Autre rubrique à découvrir :