Constance Marie de Théis (2)

Les meilleures citations de Constance de Théis :

Si l'homme sage et modéré désire quelquefois les distinctions et les grandeurs, ce n'est point qu'il croie qu'elles ajouteraient rien à ce qu'il vaut, mais parce qu'elles lui donneraient les moyens de se mettre à sa véritable place aux yeux du vulgaire, qui souvent dédaigne ou croit pouvoir dédaigner celui dont le mécontentement n'est pas à craindre.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

Il arrive que, dans le moment même où nous disons du bien de quelqu'un, ce quelqu'un dit du mal de nous. Cette observation est accablante pour les âmes droites et honnêtes.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

L'homme véritablement persuadé entraîne, parce qu'il est lui-même entraîné ; il peut aussi propager une erreur dont l'esprit le plus éclairé a peine à se défendre. C'est ce qui fait que le véritable fanatique, quoiqu'en montrant sa folle exaltation, n'en est pas moins un homme dangereux pour l'ordre et le repos de la société.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

On rencontre dans le monde certains hommes qui, avec beaucoup de mérite, ont cependant un esprit que l'on pourrait comparer à un corps spongieux : il absorbe tout et ne rend rien, à moins qu'on ne le presse fortement. Il y en a d'autres au contraire chez qui tout est réaction, et qui vous renvoient le moindre mot que vous dites d'une manière si vive que, sans vous en apercevoir, vous déraisonnez bientôt avec eux.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

Il y a des personnes que l'on pourrait dire malheureusement nées, des personnes qui n'arrivent à bien faire qu'après avoir épuisé tous les moyens de faire mal.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

Ma vie coule comme un ruisseau toujours tranquille.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

La passion amoureuse est un tourbillon violent qui s'empare de nos facultés, de nos pensées, de nos sensations, et les porte toutes d'un seul côté, sur un seul point. Si nous trouvons des forces extraordinaires pour ce qui émane de ce foyer brûlant, tout ce qui y est étranger est aussi comme anéanti pour nous. Nous n'existons plus que par une partie de nous-mêmes qui absorbe toutes les autres.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

Si les arts veulent un cœur ardent, il leur faut aussi un esprit libre.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

Il semble qu'il y ait entre deux êtres qui doivent s'aimer une sorte d'appel involontaire et réciproque de toutes les facultés, auquel il est impossible de se tromper.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

L'homme qui vous rend un service dans le seul espoir de vous être agréable a dans ses manières, dans le son même de sa voix, quelque chose de satisfait et de bienveillant qui fait place à l'instant à une sorte de ton de supériorité et de protection, s'il peut penser que ce service vous était nécessaire.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

On pourrait dire de l'amitié qu'elle est l'amour de l'âge mûr.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

Nous avons souvent pour les autres des délicatesses qu'ils n'ont pas pour eux-mêmes.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

Le bon ton ne peut s'expliquer ni s'apprendre. Le monde, l'éducation peuvent en donner les formes extérieures ; mais, dans sa réalité, il tient au sentiment des convenances, que l'on a, ou que l'on n'a pas, et que l'on ne peut acquérir.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

La vie est si courte, les facultés de l'homme sont si bornées, quelque admirables qu'il les suppose, et il en est si peu maître, que, quand il a commencé sa carrière dans un sens, et que le hasard fait qu'il la continue dans un autre, tout ce qui lui reste d'existence n'est pas suffisant pour effacer les premières impressions qu'il a reçues, et qu'il se trouve toujours malgré lui dans une fausse position.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

La nature nous refuse les moyens de comprendre vraiment les besoins, les goûts, même les opinions que nous n'avons pas.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

Quoi que fassent les hommes, quoi qu'ils éprouvent, quelles que soient les circonstances qui les élèvent, les éclairent, les accablent, rien ne change, ni même ne modifie leur caractère : bon ou mauvais, il reste ce qu'il a été ; il reparaît au moindre choc, et il est, jusqu'à leur dernière heure, le véritable mobile de toutes leurs actions. Aussi, lorsque l'on a intérêt à bien juger leur conduite et leurs intentions, est-ce le caractère seul qu'il faut chercher à démêler en eux, à travers les paroles trompeuses, les formes imposantes, simples, ou même cordiales, dont ils ont si souvent l'art de l'envelopper.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

L'idée d'un demi-dévouement n'entre pas dans l'esprit, on pourrait dire dans les facultés d'une femme : l'homme, au contraire, accommode toujours, sans s'en apercevoir, son dévouement avec son intérêt et ses goûts ; c'est ce qui fait entre eux ce continuel mécompte de sentiments et de procédés.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

On peut bien dire d'une personne dont le caractère a peu de résistance, mais qui, comme cela arrive toujours, témoigne, quand elle est contrariée, une sorte de mécontentement, qu'elle exerce sur les âmes généreuses la tyrannie de la douceur.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

Nous nous apercevons, à force de vivre, que la plupart de nos malheurs viennent de ce que nous voulons sans cesse hâter, changer, forcer les événements. Il semble qu'il y ait des enchaînements secrets, des causes, des effets, qui nous conduiraient naturellement au but de nos désirs, si l'inquiétude de nos esprits ne nous faisait faire sans cesse ce qui peut nous en éloigner.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

Il y a dans le malheur un moment affreux, et plus, en quelque sorte, que le malheur même ; c'est celui où il devient impossible d'en douter.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

Nous éprouvons une foule de chagrins dont nous ne nous doutons pas nous-mêmes. Cette sensation bizarre résulte de toute situation forcée, qui, sans nous rendre réellement malheureux, est en opposition avec nos goûts et notre manière d'être. L'impossibilité absolue d'y rien changer nous ôte la force de nous éclairer sur ce qui manque à notre bonheur ; nous parvenons même à nous persuader que nous sommes à peu près satisfaits ; mais le combat qui se fait en nous influe sur notre humeur, notre santé ; nous devenons tristes, sombres, fâcheux, et ce n'est que lorsque le hasard nous affranchit de ce qui pesait, à notre insu, sur notre âme, que nous commençons à comprendre la cause de tout ce que nous avons souffert.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

Nous serions bien confus si nous avions les moyens de rentrer assez en nous-mêmes pour comprendre à quel point de petites passions, de petites considérations influent sur nous dans les occasions les plus importantes, et décident souvent du bonheur ou du malheur de notre vie entière.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

On dit que le mal ne reste jamais impuni, et on ajoute qu'il y a une providence. Sans chercher à pénétrer dans les secrets de la Providence, on peut démontrer cette vérité par le secours seul du raisonnement. L'esprit d'injustice, d'iniquité ou d'audace, qui conduit un homme à faire le mal, le conduit aussi à commettre beaucoup d'actions contraires à l'ordre, aux lois et aux besoins de la société, et finit toujours par lui faire trouver un écueil contre lequel il échoue.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

Ce n'est qu'à force de vivre, de voir, de souffrir, que l'on parvient à se persuader que l'envie et l'artifice peuvent aussi se trouver dans des âmes que l'on a crues honnêtes et délicates ; encore le comprend-on par raisonnement et point par conviction.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

La dévotion exagérée est un effet involontaire du besoin que l'on éprouve d'opposer en soi un grand frein à des défauts, même des vices, dont on ne se rend pas bien compte, mais qu'on se sent trop faible pour combattre sans un secours étranger. C'est dans ce cas qu'elle est fougueuse, et d'autant plus intolérante, qu'elle est irritée de ne se rien tolérer à elle-même. La dévotion véritable est tout autre chose : elle n'est que le besoin d'une âme tendre et expansive pour qui les affections humaines sont en quelque sorte trop grossières ; elle n'a rien à combattre, ni à se refuser ; elle n'a aucune balance à établir entre l'instinct du mal et l'amour du bien ; elle se fond pour ainsi dire dans le besoin d'aimer, la mollesse et le charme des sentiments, et elle rend sans cesse l'homme meilleur et plus indulgent. Enfin, l'une est la source du fanatisme et de tous ses excès, l'autre de l'amour du prochain et de toutes les vertus.
Constance de Théis ; Pensées diverses (1835)

Autre rubrique à découvrir :