Antoine de Rivarol (4)

Les citations de Antoine de Rivarol :

Nous sommes plus frappés des évènements de notre temps et qui se passent autour de nous que des évènements passés ou lointains, quoiqu'ils soient également frappants. Le présent nous touche sans cesse.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

Celui-là est toujours libre qui fait, quoique forcé, les choses dont il a besoin, comme un valet sert pour vivre : mais celui-là est esclave qui est contraint de faire ce dont il n'a aucun besoin.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

On appelle la vie un bienfait, et cette expression si usitée est fausse. Je n'existais pas, vous m'avez fait, et voilà tout. C’est un acte et non un bienfait, de quelques dons que soit enrichi l'ouvrage. L'horloger ne peut pas dire qu'il est le bienfaiteur de l'or, de l'acier et du cuivre dont il a fait une montre.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

Quoiqu'un homme éloigné paraisse petit, il y a pourtant de la différence entre un homme éloigné et un petit homme : effet de la perspective.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

L'incrédule se trompe sur l'autre vie ; le croyant se trompe souvent sur celle-ci.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

Un homme médiocre qui prend bien son temps, peut avec de l'adresse et de la patience, jouer un rôle et faire parler de lui.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

L'esprit bat quatre fois dans le temps que le sens commun n'en bat qu'une. Il est toujours une raison prompte, et souvent une raison ornée.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

Si à mesure qu'un homme augmente sa fortune, il agrandissait son estomac, il faudrait bien s'en défaire, c'est le cas des avares. Le coffre où ils entassent leurs écus ressemble à un estomac qui deviendrait chaque jour plus ample, et qui finirait, si la mort n'y mettait un terme, par engloutir la nourriture de toute une ville.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

La pudeur, une des principales chaînes de la société, et le rire, particulier à l'homme, prouvent évidemment l'existence d'un beau idéal.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

On ne peut pas vouloir une idée avant qu'elle nous vienne, et on ne peut pas toujours la chasser quand elle est venue.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

L'enfant qui tète n'est qu'un organe, tel qu'un des vaisseaux lactés qui pompe le chyle.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

Il faut que la vérité arrive nue à son but, et pour qu'elle y arrive nue, il faut qu'elle laisse tomber ses voiles, et ses voiles sont les in-folio.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

Un homme à qui la nature a tout donné, et à qui la société dispute ou refuse tout, ne peut rien pour ce monde et ne travaille que pour l'avenir.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

Notre vie est composée de mouvements réglés. Tout mouvement plus fort ou moins régulier produit ou la douleur ou le plaisir ; tout mouvement plus faible, le sommeil. La nature n'a pas prévu l'ennui.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

La nature remue des éléments, et nous ne remuons que des masses. Si nous voyions les éléments, nous ne verrions pas les masses ; d'où il résulte que voyant celles-ci nous ne devons pas voir les autres.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

L'art fait tout avec art, et la nature fait tout sans art.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

Le mot précaire signifie aujourd'hui une chose ou un état mal assuré, et prouve le peu qu'on obtient par la prière, puisque ce mot vient de là.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

Si nous étions composés d'éléments insensibles, d'atomes sans mouvements et sans vie, et que pourtant nous fussions capables de sentir et de nous mouvoir, il faudrait bien conclure qu'il y a en nous un être qui se meut et qui sent, comme le ressort d'une montre. Mais il est très vrai au contraire que nous sommes pétris d'atomes pleins de vie et de sensibilité, qui aiment, haïssent, souffrent, se réjouissent.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

Il n'est pas besoin de passer devant les objets quand les objets passent devant nous : aussi les habitants des grandes villes ne croient pas avoir besoin de voyager.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

Ce qui fait la puissance du talent, c'est qu'il exprime d'une manière neuve et piquante, les pensées les plus communes : or, les pensées les plus communes se composent des sensations premières, souvent répétées, et par conséquent fondamentales dans l'homme.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

Se révolter contre les maux inévitables et souffrir ceux qu'on peut éviter, grand signe de faiblesse. Que dire d'un homme qui s'impatiente contre le mauvais temps, et qui souffre patiemment une injure ?
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

L'homme sans culture est un arbre sans fruit.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

De même qu'une fleur ou un fruit sont embellis ou grossis par la culture, moins ils portent de graines ou de pépins : ainsi plus un homme cultive sa tête, moins il est propre à la génération ou au travail des mains. Ce qui prouve toujours que la nature n'est pas qu'une fleur soit une belle fleur, ou un fruit un gros fruit, ou l'homme un grand penseur.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

Il naît plus d'hommes que de femmes en Europe, et, sans la guerre, les femmes y seraient condamnées à l'infidélité. Dans un pays où il y aurait plus de femmes que d'hommes, beaucoup seraient condamnées à la fidélité.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

L'ouvrier a besoin de chanter en travaillant, nous avons du goût pour la symétrie et les rimes. Tout cela nous avertit que nous sommes composés de parties correspondantes et en harmonie.
Antoine de Rivarol ; Pensées inédites de Rivarol (1836)

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